Réflexion sur l’obéissance…ou pourquoi je refuse que mes enfants m’obéissent.

 

Qui de nous n’a jamais entendu  «  oh il a été obéissant  !  »  ; «  il est sage ton fils  »  ; «  tu obéis, oui  ?  »

Le relation d’adulte à enfant est généralement verticale et hiérarchique, basée sur l’obéissance/soumission. L’enfant doit obéir à ses parents, tout comme le salarié doit obéir à son patron. En quoi les relations verticales seraient-elle bénéfiques à la construction de tout un chacun  ? Des relations basées sur l’équité ne seraient-elles pas moins préjudiciables au développement des enfants, et par extension, des adultes  ?

I. L’obéissance et les relations verticales

Selon la définition du Larousse, l’obéissance est l’action ou l’habitude d’obéir, de faire ce qui est commandé  : l’obéissance des enfants à leurs parents.

Cette définition induit indéniablement un rapport de force, une domination, exercés par le plus fort (l’adulte), sur le plus faible (l’enfant), sans prendre en compte ses besoins et son niveau de compréhension.

Ainsi, sous couvert de prétendre savoir ce qui est bon pour nos enfants, nous les contraignons généralement dans un rapport de force qui souvent aboutit à des violences éducatives ordinaires, psychologiques et physiques (menaces, chantage, réprimandes, punitions voire tapes, claques et fessées). Sans oublier qu’une violence peut aller crescendo si les enfants refusent de se soumettre à l’autorité des adultes.

Il existe pourtant bien des situations dans l’histoire où la désobéissance a été remarquée, et remarquable. Je pense notamment aux résistants lors de la Seconde Guerre Mondiale, qui ont caché les juifs, et ont ainsi désobéi à ce qu’on leur demandait de faire. Je pense aux afro-américains qui se sont battus pour faire valoir leurs droits aux Etats-Unis (Rosa Parks, MLK, Malcolm X notamment). L’Histoire nous montre que l’obéissance, et donc l’asservissement, sont néfastes pour les Hommes. Pourquoi serait-ce différent pour les enfants  ?

II. Les conséquences de l’obéissance des enfants

Je pense que chacun d’entre nous préfère apprendre sans contrainte, sans soumission à une quelconque pression extérieure. Les apprentissages sont bien mieux assimilés quand les conditions sont favorables. Or l’obéissance est liée à un sentiment de crainte et de peur: on ne se soumet pas par consentement car dans ce cas on serait dans la coopération. La crainte et la peur génèrent du stress qui bloque les apprentissages. Cela abîme aussi la relation. Car Un enfant à qui il est demandé d’obéir sans discuter développera la crainte de l’adulte. Ces méthodes peuvent s’avérer dangereuses car la notion de consentement n’est pas transmise. Aussi cela conditionnera l’enfant à obéir ou suivre des adultes qui n’auront pas forcément de bonnes intentions à son égard.

Par définition, le consentement est l’action de donner son accord à une action, à un projet  ; acquiescement, approbation, assentiment. Or, en ne prenant pas en compte ce que les enfants pensent, on rompt la communication avec eux (leur avis ne compte pas, ils ne sont pas considérés). La fin du dialogue est la porte ouverte aux interprétations, aux visions négatives sur l’enfant et ses intentions. Ces visions entretiennent des schéma de violence dont il est difficile de s’extirper. Et on arrive à des «  mon enfant ne m’obéit pas, il me nargue…  ». Non, votre enfant refuse de se soumettre à des règles qu’il considère absurdes et sans aucun sens pour lui, pour son niveau de compréhension.

Car un enfant est mu par le désir de relations apaisées (créer du lien est un besoin vital) et il est prompt à coopérer quand il le peut. S’il ne coopère pas c’est qu’il ne le peut pas (incapacités physique, émotionnelle cognitive, momentanée ou plus temporaire). Ne pas tenir compte de cette incapacité et le contraindre à obéir est une violence.

« En voulant des enfants obéissants, sages trop tôt, vu leur développement psychique nous leur inculquons le culte de l’autorité qui amène à la violence collective. Ce type d’attitude crée chez l’enfant un conflit interne car cette obéissance nie la conscience de l’individu et peut entraîner des conséquences désastreuses. »
Arnaud Deroo 

Je sens déjà pointer les questions « et si mon enfant veut traverser la route en courant sans regarder, je le laisse faire ? »

Evidemment non, les règles liées à la sécurité me semblent les plus importantes. En revanche, pourquoi pas anticiper et prendre le temps de leur expliquer le danger, cent fois, mille fois s’il le faut, et ce de manière respectueuse ? Plutôt que de le faire obéir à une règle qu’il n’est cérébralement parlant pas en mesure de comprendre et d’assimiler, avec le lot de conséquences que cela peut engendrer ?

Pour respecter des règles les enfants ont besoin de confiance or quand on cherche l’obéissance on rompt cette confiance envers l’adulte. L’enfant doit pouvoir se reposer sur nous pour être entendu et compris.
Dans une posture de domination et d’obéissance, l’enfant se soumet par peur et crainte plutôt que de suivre les demandes de l’adulte par confiance.

    « Lorsque quelqu’un entend ma demande comme une exigence,

je le paie à chaque fois très cher,

car le lien empathique est rompu et le plaisir de donner, détruit.

Je perds alors ce qui m’était le plus précieux,

ma relation de confiance avec l’autre. »

Marshal Rosenberg

L’expérience de Milgram, réalisée dans les années 1960 par Stanley Milgram, psychologue, démontre que les gens sont prêts à exécuter des actions inhumaines/dangereuses par soumission à l’autorité. En effet, ils se sont conformés à ce que l’autorité commandait afin d’entrer dans le moule, appartenir à un groupe. Cette expérience comprenait quarante hommes qui pensaient participer à une expérience sur l’apprentissage et la mémoire.

L’objectif de cette expérience était de savoir jusqu’à quel point chaque homme obéirait aux ordres de l’animateur, alors que les dits-ordres (que chaque homme doit exécuter)vont peu à peu à l’encontre des valeurs de chaque participant.

L’animateur fait entrer deux personnes dans une pièce : la première sera l’expérimentateur, la seconde l’élève. L’animateur emmène l’élève dans une pièce adjacente, l’attache avec des sangles sur une chaise afin de l’empêcher de bouger les bras, puis lui installe une électrode au poignet. Il lui dit qu’il va devoir apprendre une liste de mots. Chaque erreur commise sera sanctionnée par des décharges électriques d’intensité croissante. (A noter que le rôle de l’élève est joué par un acteur, qui, bien évidemment, ne reçoit aucun choc électrique).

L’expérimentateur, véritable sujet de l’étude, est emmené dans une salle où se trouve un générateur de chocs électriques factice (mais ça, il ne le sait pas !) Ce générateur est composé de trente manettes de 15 à 450 volts sur lesquelles sont mentionnées les indications suivantes : « choc modéré », « choc fort », « choc sévère-danger » et « XXX ».

Le test de mémoire et d’apprentissage peut commencer. Quand la réponse de l’élève est incorrecte, l’expérimentateur doit lui administrer une décharge électrique en commençant par le voltage faible, puis en augmentant les volts.

Y-a-t-il un moment où l’expérimentateur va oser désobéir aux ordres de l’animateur?

L’hésitation survient quand l’élève commence à se sentir mal, à montrer des signes de douleur, à supplier d’être détaché, et à hurler.

Chaque expérimentateur s’est trouvé tiraillé entre les douleurs ressenties par l’élève, et les ordres donnés par l’animateur, lequel faisait acte d’autorité. Cependant, dès qu’un expérimentateur hésitait à envoyer le choc électrique, l’animateur lui intimait d’obéir.

 

En définitive, aucun expérimentateur n’a arrêté d’envoyer les décharges électriques. Aucun n’a refusé, aucun n’est parti. Le conformisme/le conditionnement ont été bien plus puissants que l’éthique de chaque individu, qui ont poursuivi l’expérience jusqu’au bout, car on leur avait « assigné une tâche qu’ils devaient accomplir ».

Ainsi, si l’on transpose cette expérience à l’obéissance des enfants envers les adultes, je vous laisse réfléchir sur les effets que cela pourrait avoir…

Expérience de Milgram

III. De la nécessité d’apprendre à nos enfants le discernement

L’obéissance est l’apprentissage de la soumission d’une personne sur une autre. Comme expliqué précédemment, d’un employé envers son patron, d’un peuple envers le gouvernement, d’un enfant envers un adulte…et il y a quelques décennies encore, d’une femme envers son époux. La femme devait obéissance et soumission à son mari. A mon sens, aucune soumission n’est souhaitable.

Prenons l’exemple d’un employé qui occupe un poste où la hiérarchie impose des valeurs contraires à la sienne  : il va se sentir impuissant, mal, dépressif parfois…ou bien il va combattre cette hiérarchie, au risque de perdre son travail car il ne sera pas soumis aux desiderata de son patron.

Imposer l’obéissance d’un enfant envers un adulte ne lui permet pas de savoir ce qui est bon pour lui ou pas, en toute autonomie. Cela lui apprend à se soumettre à des règles qui ne lui conviennent pas, parfois même qu’il ne comprend pas…parce que c’est l’adulte qui en a décidé ainsi. En revanche, si les adultes proposent des choix à l’enfant, expliquent, transmettent, sans domination aucune, avec respect, cela lui permet de faire preuve de discernement, de se responsabiliser, de savoir ce qu’il estime juste pour lui ou pas.

Si l’on désire que nos enfants soient capables de penser ce qu’ils veulent, d’avoir leurs propres opinions, d’être autonomes, qu’ils sachent reconnaître les injustices quand elles se présentent, laissons-les découvrir les règles de vie en société sans leur imposer. Laissons-les être suffisamment confiants pour répondre à l’adulte quand ils ressentent une injustice. Laissons-les dire non.

Anaïs Leonard Duquesne et Maja fondatrice de www.leslunettesdemaja.fr , pour Enfances Epanouies.

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**BREAKING NEWS** La culpabilité, ça se transforme!

Que le premier parent qui n’a jamais culpabilisé de l’un de ses agissements de parent lève la main !

Personne ?

Ok. Merci. On peut donc partir sur une base commune.

La pression sociale du « bon-parent-bienveillant-mais-ferme-voire-strict » étant ce qu’elle est, et face aux regards souvent réprobateurs de notre environnement, le doute s’installe et la culpabilité nous assaille parfois.

 

Mais au fond, c’est quoi la culpabilité ?

 

Encore un prétexte de plus pour emprunter à Claire Denis[1] une formule que j’affectionne tout particulièrement : « faire résonner les mots, pour mieux raisonner. »

Pour le Larousse, la culpabilité c’est le « sentiment de faute ressenti par un sujet, que celle-ci soit réelle ou imaginaire. »

C’est cette idée de « faute » qui me fait rejoindre Guy Ausloos[2] lorsqu’il déplore la confusion qui est encore souvent faite entre la notion de culpabilité et celle de responsabilité. Aussi, pour l’auteur, la notion de faute dans sa dimension plutôt judéo-chrétienne, engendrerait celle de culpabilité.

Dans un sens plus systémique, le terme de responsabilité amènerait plutôt à celui de compétences, davantage enclin à l’accueil, par le système lui-même, de l’information nécessaire à la découverte d’« auto-solutions » et à l’émergence de l’« innovation » . Et l’auteur, de poursuivre :

 

« Une famille responsable signifie une famille qui a des responsabilités et qui est capable de les prendre.»[3]

 

À l’heure où de nombreuses voix s’élèvent pour parler du « métier de parents » (piquant au passage cette expression à Freud dont les théories sur l’enfance ont été amplement décriées), à celle où l’on voit passer maints articles au sujet d’une « parentalité positive qui a fini par nous gonfler », laissant ainsi à voir la pression vécue par les personnes acquérant ce statut à la fois si évident et si particulier, comment se situer pour simplifier la donne sans risquer de paraître « simpliste » ?

 

Indéniablement, devenir parent, c’est accroître son champ de responsabilités.

À la mention « responsable de soi », le parent ajoute « responsable de l’Autre », et cet « Autre » en cela qu’il n’est pas encore autonome, est un être de besoins auxquels il faut répondre pour assurer sa survie et son épanouissement en tant qu’être humain.

Voilà donc le parent, adulte, responsable de la vie de son petit et de l’accompagnement quasi constant de son quotidien, concourant à mettre à sa disposition le terreau nécessaire dans lequel il pourra puiser pour devenir, à terme et à son tour, un adulte autonome, indépendant et responsable, adapté à la société dans laquelle il évolue.

(ou pas. Mais ça, c’est un autre débat 😉 )

Et même si je comprends que ce soit parfois une sorte de contorsion intellectuelle ET émotionnelle, nécessitant une grosse dose de remise en question, se départir de notre culpabilité de façon constructive est un processus aidant, sinon primordial à l’épanouissement des membres de la famille, fussent-ils des enfants.

 

Mais alors, comment je m’y prends ?

 

Attention ! S’il ne s’agit pas de balayer la culpabilité ressentie pour passer à autre chose parce qu’elle nous est insupportable, il s’agit encore moins d’essayer de se rassurer en cherchant des excuses à nos comportements et/ou du réconfort à grand renfort de « chaudoudoux ».

Non.

Désolée.

 Tout simplement parce que – pour reprendre une analogie philosophique de notre consœur Maja – « C’est comme casser son régime avec une plaque de chocolat et de le reprendre le lendemain en se disant qu’on fera attention plus tard ! »

Plus sérieusement, lorsque le sentiment de culpabilité paraît, il convient au contraire d’y prêter la plus grande attention dès les premiers signes. Considérons alors ce ressenti désagréable comme une sorte de signal d’alarme. En deux exemples, ça pourrait donner à peu près ça :

  1. La culpabilisation/déculpabilisation

« En ce moment, j’ai l’impression de passer mon temps à râler, gronder et crier parfois. J’ai même envoyé la petite dernière dans sa chambre avec perte et fracas pour qu’elle se calme. Je ne suis pas fièr.e de moi. J’ai vraiment merdé. Je me sens nul.le. Tout est de ma faute. Oui, mais j’ai la pression en ce moment, ce nouveau boulot, la fatigue, le mari/la femme qui travaille beaucoup, plus tout ce à quoi je dois penser pour les enfants, et mes parents qui me traitent de laxiste ! Ils ont peut-être raison finalement… ça ira mieux demain… ou ce weekend… ça arrive à tout le monde de craquer, c’est pas si grave… »

Le « Oui, mais… » est fatal. Non content de ne pas faire disparaître le problème, il se contente (au mieux !) d’atténuer un peu le sentiment désagréable en le mettant à distance…Jusqu’à la prochaine fois.

 

  1. La culpabilisation/responsabilisation

« En ce moment, j’ai l’impression de passer mon temps à râler, gronder et crier parfois. J’ai même envoyé la petite dernière dans sa chambre avec perte et fracas pour qu’elle se calme. Je ne suis pas fièr.e de moi. J’ai vraiment merdé. Je me sens nul.le. Tout est de ma faute… Et….STOP ! Ok. J’ai merdé. Ça peut arriver. Et maintenant, qu’est ce que je vais pouvoir faire et/ou changer pour que ça n’arrive plus ? De quoi j’ai besoin ? De repos ? De temps ? De lecture appropriée ? »

Voilà. Tout est dans ce point d’interrogation. Se questionner c’est déjà changer un peu. C’est se mettre au travail pour tenter de se sortir d’une situation délicate et inconfortable, dans l’intérêt de tous. C’est prendre ses responsabilités en transformant un sentiment « néfaste » en action constructive.

 

On n’a pas dit que c’était facile (tu noteras l’emploi du mot « travail » dont l’étymologie provient du latin tripalium qui n’était autre qu’un instrument de torture…), mais du point de vue de l’enfant, (puisque c’est notre base ici. Je le rappelle pour les nouveaux !) voir un parent à l’œuvre, qui prend le temps de fouiller, de se mettre en recherche, qui prête attention à ses besoins et à ceux des autres, qui sait – ou qui apprend à – faire preuve d’humilité et de remise en question…C’est plutôt chouette, non ?

 

Allez, courage ! Et « travaillez » bien  ♥

 

 

Aude, pour la Team Enfance Épanouie

 

 

 

[1] Claire Denis a étudié la psychologie et les sciences de l’éducation à l’université. Elle est médiatrice familiale et formatrice en analyse des pratiques professionnelles. Auteure de plusieurs ouvrages, elle est aussi engagée bénévolement dans des mouvements citoyens.

[2] G. AUSLOOS, La compétence des familles : temps, chaos, processus, Ed. ERES, Coll. Relations, Toulouse, 2008, p.158.

[3] Idem, p.159.

Question de tempérament

« Il a sale caractère! »

« C’est un enfant difficile »

« Il demande trop d’attention! »

« Il n’écoute jamais rien! »

Parfois avec nos enfants c’est l’incompréhension totale. Pourtant on a l’impression de faire ce qu’il faut, de tout donner, mais ça ne va pas : c’est le conflit, la communication est rompue, tout le monde crie, pleure, se fâche, on tourne au rapport de force …

Qu’est ce qui se passe quand on est en conflit? La plupart du temps on ne se comprend pas, on a des attentes auxquelles l’autre ne répond pas. Quand c’est une mésentente entre deux adultes, on analyse facilement cette situation sous l’angle du « désaccord » de l’ « incompatibilité d’humeur » ou « de caractère ». Mais quand c’est entre un parent et son enfant, on a tendance à accuser l’enfant de « faire des caprices », de n’en « faire qu’à sa tête », « de provoquer », « tester », ne pas obéir …

Pourtant les enfants comme les adultes, ont leur caractère, leurs humeurs, et leurs besoins … Ces accusations de « provocation » se basent donc sur notre interprétation d’adulte qui ne comprend pas l’enfant qui essaie seulement d’exprimer son besoin ou son avis. Pourquoi au nom de leur position d’enfant, ces derniers devraient-ils s’assoir dessus et combler les attentes de l’adulte?

Pour certains c’est évident : parce que l’enfant « doit obéir », point. Or l‘obéissance n’est pas une « compétence » souhaitable : ni pour l’enfant et son bon développement, ni pour la relation qu’on souhaite établir avec lui. Le sujet de l’obéissance sera traité plus en détail dans un prochain article.

On préférera alors se placer dans une logique de coopération, où la relation repose sur la prise en compte des besoins de chacun, avec des compromis.

Nos besoins sont liés à différents paramètres, nous en avons beaucoup en commun (besoin physiques, affectifs…) et certains sont liés à notre tempérament ou notre (im)maturité cérébrale. Tout le monde s’accorde à dire que chaque personne est unique et a son propre tempérament. Les enfants aussi. Mais jusqu’à quel point sommes nous prêts à accepter leur individualité?

Savoir ce qui relève du tempérament (inné) ou de l’acquis est essentiel pour se comprendre et placer ses attentes vis à vis de l’enfant, tout en le considérant pour ce qu’il est sans chercher à le « formater » ou le « modeler ». Bien sûr, l’expression de ce tempérament doit aussi prendre en compte les autres (membres de la famille, entourage etc), et certains « aspects » (manifestations du tempérament) évoluent avec le temps et la maturation cérébrale. Mais si on est dans une logique d’autonomisation de l’enfant, on doit pouvoir le soutenir et le comprendre en l’accompagnant dans ses acquisitions tout en tenant compte de son tempérament qui lui est propre…

L’étude sur les tempéraments de Alexander Thomas et Stella Chess (1) révèle des dimensions inhérentes aux tempéraments qu’on pense à tord être uniquement liées à l’environnement ou à l’acquis. Voici, selon cette étude, les éléments qui rentrent en compte dans les traits définissant les tempéraments:

  • De quelle façon les enfants réagissent aux émotions (plus ou moins intensément)
  • Avec quelle facilité/difficulté un enfant cesse une activité pour passer à une autre activité (constance)
  • Comment l’enfant réagit aux changements de température, bruits environnements, variations alimentaires (changement de recette par ex), sent il ou réagit il au stress présent chez les autres? (Sensibilité)
  • Dans quelle mesure l’enfant réagit aux stimuli extérieurs (perceptibilité)
  • Comment l’enfant réagit aux situations nouvelles, aux changements (adaptabilité)
  • Régularité dans la satisfaction des besoins physiologiques (sommeil alimentation etc)
  • Besoin d activité Etc

Il y a donc des enfants qui ont des réactions plus ou moins intenses aux émotions (on sait que leur manifestation se régule avec la maturation cérébrale mais leur intensité est liée au tempérament de la personne). Il y a des enfants qui sont plus ou moins enclin à passer d’une activité à l’autre, qui sont plus ou moins sensibles aux modifications de leur environnement, à la nouveauté, aux changements, qui ont un rythme biologique plus ou moins régulier, qui ont plus ou moins envie de bouger….

Bref il y a autant de possibilités que d’enfants. On peut en déduire que la mise en place de certaines pratiques comme des routines pour l’endormissement, les repas, l’hygiène, le nombre de sorties extérieures peuvent en fait être une contrainte pour certains enfants (contrainte forte qui leur empêche d’être comme ils sont…). Or ces routines sont régulièrement conseillées voire errigées en dogme « parce que les enfants en ont besoin » et que « c’est bon pour eux ». Preuve en est que pas toujours et que les besoins dépendent aussi du tempérament.

Nos pratiques vont donc influencer les comportements de nos enfants et la façon dont ils vont exprimer leurs besoins : moins on les entend/comprend et plus ils risquent de les exprimer fort ou de trouver d’autres moyens d’expressions. Pour aller plus loin : une revue des études sur l’irritabilité du bébé et l’attachement (2). S’ajoute donc à cela le tempérament des frères/sœurs, des parents, de l’entourage plus ou moins proche… et on se retrouve avec des incompréhensions ou des conflits qui nous semblent insurmontables. Notre enfant peut par moment nous apparaître comme complètement étranger tellement son comportement (lié à son tempérament différent du notre) dépasse notre entendement…

Avoir conscience de ces dimensions permet donc de mieux cerner les besoins de son enfant et d’apaiser les relations en recherchant, quand l’enfant est plus grand, des compromis pour que les besoins de tous soient satisfaits (voir aussi notre article sur les besoins).

Maja fondatrice de www.leslunettesdemaja.fr pour Enfances Epanouies

(1) – THOMAS A., CHESS S. : Temperament and development, Brunner-Mazel, New York, 1977.

(2) – Hubin-Gayte Mylène, « Le développement de l’attachement des nourrissons irritables : une revue », Devenir, 3/2004 (Vol. 16), p. 199-212.

Petit Papa Noël… Faire croire (ou pas)

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Ne gardons pas le mystère pour nous plus longtemps…Les fêtes de fin d’année approchent ! Nombreux sommes-nous à nous questionner au sujet de nos enfants, sur le fait de « faire croire ou non au Père Noël ». Si cette décision appartient à chacun, il n’en incombe pas moins de faire ce choix en toute connaissance de causes (et de conséquences, pour le coup). Voici donc notre point de vue sur la question et quelques pistes pouvant constituer des alternatives, sous l’angle des VEO, toujours…

Faire croire à ses enfants en l’existence du Père Noël est une chose, utiliser cette croyance pour « qu’ils se tiennent tranquilles » en est une autre. Même si, dans le prisme des VEO, les deux propositions ne semblent pas si éloignées que ça.

Regardez donc en toute objectivité :

Pour la première affirmation, « Oui, le père Noël existe ». Très franchement, à part quelques victimes du sempiternel « syndrome de Peter Pan » (Si vous en êtes, arrêtez la lecture de cet article ici, vraiment. Non ? Bon, j’avais prévenu…), plus personne ne vous dirait que c’est vrai. Ok ? C’est donc un mensonge, par définition.

Pour ce qui est de la seconde proposition, encore pire.

Voyons voir : « Si tu n’es pas sage, le Père Noël ne passera pas ! ». Bon alors, là, clairement, ça se corse (et c’est bien moins joli que l’île du même nom. Coucou Corsica

Or, si l’on n’apprend pas aux enfants à ne pas frapper tout en les frappant nous-mêmes, il en va de même pour tout le reste, dont les mensonges et le chantage susmentionnés.

N’oublions pas que les enfants apprennent aussi par mimétisme. Soyons exemplaires.

D’autant plus que le mensonge ne s’arrête pas là : souvent, les plus grands entrent dans
« la combine » pour continuer à leurrer les plus petits. C’est un cercle sans fin. D’un autre côté, comme l’indique notre postulat de départ, nous nous plaçons toujours du point de vue l’enfant. A partir de là, essayons de nous mettre à la place de celui ou celle qui y croit très fort au Père Noël et dont l’entourage maintient fermement la croyance… Le jour où j’apprends « la vérité », de surcroît si cette dernière m’est annoncée brutalement (ou pas) par un copain d’école ou une cousine plus âgée, comment je me sens très concrètement ?

Bien sûr, l’état dans lequel je vais me retrouver successivement à cette annonce pourra varier selon mon degré de croyance, ma maturité, mon état psychologique du moment, mes aptitudes personnelles et mon caractère, mais globalement, le curseur se placera entre « Haute trahison » et « C’est pas si grave » en passant par « déception extrême ».

Le « jeu » en vaut-il la chandelle ? La question reste posée…

Voilà, le décor est posé et implique encore bien d’autres dimensions, notamment commerciales pour ne citer qu’elles. En effet, malgré le « STOP PUB » qui siège sur notre boîte aux lettres et la télé (pourtant éteinte) qui trône (pourtant encore) dans notre salon, les catalogues de jouets sont tout de même parvenus à emplir notre espace de quiétude. Bah oui, desfois qu’on oublie que Noël approche et que « le père Noël est en train de préparer sa saison de rush », il faut bien que la sphère commerçante se charge de nous le rappeler…

Partant de cela, rassurez-vous, il y a tout un tas de choses à dire et à faire avec les enfants autour de Noël sans se sentir obligé d’en passer par là.

Par exemple :

  1. Laisser l’enfant vous guider ! Oui, vous avez bien lu 😉 Dans une relation saine et égalitaire, exempte de VEO, chacun peut exprimer son avis sur les questions de la vie. Et quand celle du Père Noël arrive sur le tapis, pourquoi ne pas utiliser l’écoute active ?! ça pourrait prendre cette forme : « Et toi, qu’en penses-tu ? ». Cette petite phrase toute simple a plusieurs atouts : en plus de nous renseigner sur le « degré de croyance personnelle et individuelle» de l’enfant, elle permet de rester dans l’accompagnement de celle-ci sans toutefois en être à l’origine et sans la renforcer. On ajustera alors plus facilement notre façon d’accompagner notre petit tout en conservant un positionnement assez neutre.
  2. Tout miser sur le partage, l’amour, le don de soi, le temps passé ensemble autour de la préparation de la fête, la réflexion autour du menu, des cadeaux que chacun souhaiterait se voir offrir et que chacun souhaiterait offrir. « Fabriquer » la fête ensemble de façon à tisser les souvenirs qui s’y rapporteront. Redonner à Noël ses lettres de noblesse (façon de parler hein, je vous vois venir^^).
  3. C’est l’occasion d’ouvrir ses chakras son esprit, et celui des enfants: Bah oui, c’est quoi Noël? D’où vient cette fête? Quelle en est l’origine? Comment fête-t-on Noël de par le vaste Monde? Profitons-en pour faire des recherches, élargir nos connaissances, approfondir le sujet!
  4. C’est le moment de travailler le sens de l’empathie et de sensibiliser toute la famille au fait que Noël, ben c’est pas la fête pour tout le monde en réalité. Suivant les pays, les croyances, les obédiences…etc… la coutume de « l’assiette supplémentaire à table le soir du réveillon », à la base, n’est pas destinée à ce que le Père Noël puisse prendre une petite collation au pied du sapin entre deux livraisons. Non. Désolée de vous décevoir à nouveau. Cette assiette vide est réservée au « mendiant » qui viendrait frapper à la porte le soir de Noël pour se réchauffer et se restaurer autour de la table familiale…

Parce que c’est tout cela la « Magie de Noël », et que ça n’a franchement pas grand chose à voir avec « Le Grand Bonhomme En Rouge ».

Si malgré tout, vous décidez qu’insister sur cette croyance présente plus d’aspects positifs que négatifs pour l’enfant, essayez de rester objectif : cela reste un mensonge que votre enfant pourra vivre difficilement. A ce moment-là, vous devrez accueillir ses émotions, sa déception, et pourquoi pas sa tristesse? Il vous faudra alors assumer ce choix.

De ce fait, lorsque nous nous sentons tenté(e)s par le « faire croire », essayons de toujours nous poser la question suivante :

« Mon enfant a-t-il besoin de croire ou est-ce moi qui en ai besoin ? »

Et pour celles et ceux qui aiment s’appuyer sur les livres jeunesse pour faire passer les messages, voici une petite bibliographie qui pourrait vous être fort utile en cette période :

Le Noël de Balthazar
http://www.editions-hatier.fr/livre/le-noel-de-balthazar

Le Noël de Franklin (la Tortue, ndlr) http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/bourgeois-paulette-clark-brenda/le-noel-de-franklin,673995.aspx

Ernest et Célestine : Le sapin de Noël
http://www.ricochet-jeunes.org/livres/livre/5310-ernest-et-celestine-le-sapin-de-noel

Agathe ne croit pas au Père Noël
http://www.ricochet-jeunes.org/livres/livre/50137-agathe-ne-croit-pas-au-pere-noel

Combien de nuits reste-t-il avant Noël ?
http://www.lespetitsbouquins.com/livres/combien-de-nuits-reste-t-il-avant-noel/

Et….. Joyeux Noël à tou(te)s bien sûr !

Aude, pour la collégiale (merci les copains

Pour aller plus loin :

http://www.seveilleretsepanouirdemaniereraisonnee.com/2016/10/biblio-notre-selection-de-livres-pour-un-noel-alternatif.html

Cinq méthodes radicales pour en finir avec les caprices. La cinquième va vous étonner !

Parents, futurs parents, simples victimes collatérales qui êtes passés au moins une fois par une caisse d’hypermarché un samedi après-midi, vous le savez, nous sommes tous à la merci des caprices, que nous ayons des enfants ou pas.
Mais ça n’est pas une fatalité, et nous allons vous livrer dans les lignes qui suivent cinq secrets qui vous permettront d’esquiver les caprices aussi sûrement que Junior esquive les cuillerées de purée, que ce soit dans les magasins, en voiture, au restaurant, ou à la maison.

Portrait d'Edouard VI, prince de Galles à deux ans, Hans Holbein le Jeune.

Portrait d’Edouard VI, prince de Galles à deux ans, Hans Holbein le Jeune.

1. Dans les magasins

A tout seigneur, tout honneur, commençons par le plus connu de tous, le champion des caprices, le roi des caprices, le dieu des caprices : le Caprice des Dieux.

Créé en 1956 par Jean Noël Bongrain, le Caprice des Dieux est une marque de fromage à pâte molle à croûte fleurie, ce qui dit comme ça fait penser à un vrai fromage, avec les petits asticots et tout et tout, alors qu’en fait on dirait plutôt du savon. Du savon mou à croûte fleurie.

Jamais à court d’idées et histoire de se séparer de l’ivraie, Bongrain a l’idée d’en faire le premier fromage ovale. C’est le point de départ d’une communication parfaitement maîtrisée et ces efforts de différenciation (y compris du vrai fromage) porteront leurs fruits, puisque il se serait vendu plus de deux milliards d’unités depuis les origines, dans plus de cent cinquante pays, et que près d’un foyer français sur trois en planque un dans son frigo.

Donc pour éviter ce caprice il faut la jouer fine.
Fuir tous les commerces de bouche (sauf les fromageries bien sûr), mais aussi contourner de suffisamment loin la Haute-Marne, le Mâconnais et l’Anjou, où sont produites les savonnettes.
Bien sûr, si vous habitez un de ces coins, on ne pourra pas faire grand-chose pour vous. On a dit « radicales », pas « miraculeuses ».
Et il reste bien sûr le problème du foyer sur trois, mais bon c’est vous qui choisissez vos amis hein ?

2. En voiture

Evitez les États-Unis et l’Australie.

En effet, c’est en 1965 que Chevrolet lance la production de son modèle Caprice, production qui sera reprise par Holden, une autre division de General Motors, à partir des années 2000 (aux États-Unis, car Holden fournissait déjà la Caprice en Australie à partir de 1990).
Tout au long de sa production ininterrompue , la Caprice a été le modèle le plus cher et le plus luxueux produit par Chevrolet, et comme c’est Wikipédia qui le dit, c’est sûrement vrai.
Ce qui est sûr, c’est que ça n’est pas une voiture pour rigoler : le modèle 2016 est disponible en Alchemy Deep Purple, Caprice Alto Grey, Caprice Heron White, Caprice Phantom (!) et Caprice Silver Ice Metallic. Il n’y a pas Caprice Funky Canary, ni Caprice Hot Road Red. Tu parles d’une Caprice…

Du coup, si vous vous tenez éloignés des Amériques et des kangourous, peu de risques de la croiser.
Ah, gaffe aussi en Belgique ou dans les Pyrénées, j’en ai trouvé deux en vente sur internet.

3. Au restaurant

N’allez pas à Hong-Kong.
Et si vous allez quand même à Hong-Kong – et vous auriez raison, c’est terrible Hong-Kong ! – n’allez pas dîner au restaurant deux étoiles du Four Seasons, le Caprice.

En plus, franchement, ça serait gâché.
Déjà et d’une, est-ce qu’il est bien raisonnable de se cogner quatorze heures de vol pour aller à l’autre bout du monde et finir par manger « Le Loup de Méditerranée, Les Coquillages », « Le Turbot de Ligne de la Côte d’Opale, L’Artichaut » ou « L’Agneau de l’Aveyron, Polenta, Cèpes », alors qu’il y a tout un tas de petits restaurants qui servent des repas bien plus exotiques et bien moins chers tout autour ?
Et si ça ne vous suffit pas comme raison, la chouette vue de Hong-Kong, celle avec toutes les ampoules et tous les néons allumés, qui ne fait pas du tout penser au réchauffement climatique, c’est quand on regarde le Four Seasons depuis l’autre rive de la baie, pas quand on est dedans.

4. A la maison

Née en juin 1979, Virginie Gervais, est une actrice, euh, exotique comme on disait dans le temps, qui a tourné dans quelques films olé olé, avant de devenir une personnalité du petit écran. Tout ça sous le pseudonyme de Virginie Caprice.

Bon, normalement, pas de ça chez vous, sauf peut-être si il y a des hommes à la maison (13 ans, ça suffit) et que vous regardez dans l’historique de votre navigateur.
Mais ça faut pas.
Faut pas faire Ctrl H.

Vous l’avez fait ? J’vous l’avais dit. De pas le faire.
Bon, tant qu’on y est, si vous trouvez « spanking » dans l’historique, pas de panique, c’est sûrement un lien vers l’article « Spanking is counterproductive and dangerous » d’Alice Miller.
Sûrement.

5. En général

Ne faites rien.

Ou plutôt, ne cherchez pas à éviter les caprices, parce que les caprices, ça n’existe pas.

C’est une invention, une histoire pour faire peur aux parents qui font les courses, un complot ourdi par les bobos glutenophobes pour vous faire acheter des livres de parentalité « bienveillante ». D’ailleurs, Isabelle Filliozat et Super Nanny se connaissent et sont amies, la preuve elles allaient au ski ensemble en Vanoise quand elles étaient ados (ça, ça n’est pas Wikipédia qui le dit et on n’est vraiment mais alors vraiment pas sûrs).

Car non, un enfant ne fait pas de caprices. En enfant s’exprime, ou exprime des besoins, et nous, nous ne savons pas toujours bien interpréter la situation.

Il montre des bonbons, vous tire par la manche pour aller les voir ? Il va faire un scandale devant tout le monde ?
Pourquoi immédiatement penser qu’il va nous racketter d’un paquet de fraises Tagada, alors qu’il veut juste les regarder, parce qu’ils lui plaisent ?
Vous engueulez votre femme à chaque fois qu’elle s’arrête devant les villas de la vitrine de l’agent immobilier, quand vous revenez de la plage à Pornic ? Vous tirez votre mari par la capuche, quand il veut faire un détour par le rayon des smartphones, alors que son iPhone n’a que deux ans ?
Pourquoi alors ne pas simplement accompagner votre enfant, pour aller voir avec lui le jouet ou la friandise qui l’attire, lui dire ce que vous en pensez, en discuter avec lui ?
Vous pourriez être surpris.e du résultat.

Vous êtes au parc et il se roule par terre parce qu’il ne veut pas rentrer ? Tout le monde vous regarde ?
L’avez-vous prévenu, un peu plus tôt, qu’il lui restait encore le temps de faire un tour de tourniquet et deux descentes de toboggan ? Lui avez-vous dit que vous reviendriez demain, ou après-demain ? Ou êtes vous allé l’arracher à son occupation, sans sommation, parce qu’il « sait » que vous devez rentrer, et sans espoir de retour ?
En fonction de son âge, il a beau vous avoir écouté.e, et même vous avoir dit avoir compris qu’il fallait rentrer, cela ne veut pas dire que son cerveau, encore immature, a correctement assemblé tous les éléments, y compris le temps qui passe et l’heure qu’il est, qui sont des éléments terriblement abstraits. Un tour de tourniquet et deux descentes de toboggans, ça c’est du concret, du facilement quantifiable pour lui.
Vous non plus vous n’aimez pas qu’on vous fasse partir d’une soirée au beau milieu d’une conversation, quand vous vous amusez bien, et que Julia allait enfin raconter son dîner avec Tom, ou que Gégé expliquait comment il avait découvert que sa femme savait faire Ctrl H.
Alors posez vos sacs, mais pas trop loin hein, on ne sait jamais, et prenez votre enfant dans vos bras, réconfortez-le. Vous l’emmènerez à nouveau au parc, et il pourra à nouveau s’amuser, mais là on doit partir, et la prochaine fois, je te préviendrai pour que tu ne sois pas surpris.
Vous allez voir, vous pourriez être étonné.e. D’ailleurs on l’a mis dans le titre, c’était pas juste pour la blague.

Avant de tenter de résoudre un problème, il faut d’abord vérifier que ce problème existe.
Pas besoin de méthodes, car les caprices n’existent pas. C’est juste l’adulte qui ne sait pas bien comprendre l’enfant.

Ah, et on s’en moque, du regard des autres, car ce que vous allez faire ensuite avec votre enfant va les laisser sans voix.

Patrick

L’enfant roi n’existe pas.

L’archétype de l’enfant roi, tyran en puissance est un concept erroné menant souvent à considérer que l’abandon du système autoritaire conduit inéluctablement au chaos. Il est essentiel de sortir de cette considération de l’enfant. L’enfant naît empathique et altruiste, un  pressenti  communément taclé de « bisounours » aujourd’hui confirmé par de nombreux chercheurs.

Le cerveau de l’enfant est immature et établit des connections en fonction de son environnement et apprend par imitation les comportements de son entourage.
Nous vous invitons à visionner la vidéo explicative de Céline Alvarez au sujet de la plasticité cérébrale :

 

Ainsi, un accompagnement respectueux ne développe pas l’égoïsme mais le respect. Le respect réel enseigné par l’exemple de ce que l’enfant aura reçu envers lui-même. L’estime de soi de l’enfant est préservée, laquelle est essentielle au respect de ses propres besoins et à conserver sa posture empathique. Nulle crainte à avoir, donc, lorsqu’un parent explique les choses à son enfant sans lui ordonner ou punir, bien loin ainsi d’ « en faire un enfant roi », c’est exactement l’inverse. L’exemple est maître dans tout apprentissage et le respect s’apprend en étant respecté.

Un enfant n’a pas encore acquis les codes pour se conduire en société, et ses actions sont parfois inappropriées. On ne peut pas lui en vouloir ni le blâmer pour cette inexpérience, notre rôle est de lui transmettre ces codes en lui donnant des clés via des consignes claires bien définies.

Finalement, vous avez rencontré quelques enfants se conduisant de manière dite « tyrannique » et vous vous dites c’est bien beau tout ça mais si ce n’est pas inhérent à la nature de l’enfant – et de l’humain – alors ça vient d’où ?

l-enfant-roi

Un  enfant, chéri par des parents équilibrés et bienveillants… Oh wait !

« Un enfant difficile a toujours quelques chose à nous dire » (yapaka). Il crie simplement au monde sa souffrance, son impuissance face à un vécu douloureux qu’il ne maîtrise pas. C’est notre rôle d’adulte accompagnant de décrypter cela, de découvrir ce qui se passe auprès de l’enfant.  Ce peut être le fait de la tristesse puis la rancœur d’émotions non accueillies, le fait d’évoluer dans un environnement non sécure, ce fameux laxisme … L’enfant va alors se comporter de manière à attirer l’attention sur son problème envers une nouvelle figure d’attachement (les adultes rencontrés à l’école en particulier ou dans tout autre lieu où il se sentira assez en confiance).

Mais les comportements égoïstes et égocentrés sont aussi le fait de punitions, de se dire « puisque c’est comme ça »… L’éducation autoritaire, visant à dresser un enfant pour le rendre respectueux  par la crainte, induit l’exact opposé de ce qu’elle souhaite. Elle abîme l’estime de soi, annihile l’empathie naturelle de l’enfant et conduit à des sursauts d’égoïsme, bien souvent en l’absence des adultes, à la récré notamment… L’enfant va comprendre qu’en présence des adultes, il faut se tenir à carreaux, sinon les punitions pleuvent. Mais une fois que l’adulte aura le dos tourné, il fera subir à d’autres ce qu’il subit lui-même, ou suivra ceux qui induisent cela, ce qui mènent aux chamailleries habituelles mais aussi au harcèlement.

 

L’enfant roi n’existe pas. Il n’a aucun pouvoir. C’est un enfant. Un enfant triste, perdu, démuni, en manque de sécurité affective. Il y a toujours une explication derrière un comportement inapproprié. Le cerveau immature de l’enfant ne lui permet pas encore de gérer ses émotions ; colère, tristesse, crainte l’envahissent et « explosent » littéralement en cris, jet d’objet, agression physique… Notre rôle est d’accompagner dans l’apprentissage du respect de chacun.e et dans la gestion de ses émotions au mieux.

 

Chloé

 

Pour aller plus loin :

La Plasticité cérébrale, vidéo de Céline Avarez (5’28)

La Plasticité cérébrale, vidéo de Céline Avarez (29’23)

Règles, consignes et interdits.

« Un enfant difficile a toujours quelques chose à nous dire » Campagne yapaka

Non, je ne suis pas ‘laxiste’…

Les figures d’attachement – en cours

Le harcèlement – en cours

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Non, je ne suis pas ‘laxiste’…

Education bienveillante, cnv, env, sans veo

Le qualificatif de « laxiste », cette abominable épée de Damoclès de tout parent, qui peut tomber à chaque rencontre familiale ou amicale, où l’Enfant ne serait pas d’accord avec son Parent et où l’on ne trouverait pas un terrain d’entente dans la minute… Un parent laxiste, et un enfant qui risquerait de se voir couronné à court ou moyen terme, ce fameux « enfant roi ».  Triste tableau. La peur de ce(s) qualificatif(s), le besoin de montrer au monde que l’on fait du bon boulot, que notre enfant est « bien éduqué », qu’il « sait se tenir » conduisent nombre de parents à s’égarer dans une relation autoritaire avec leur enfant… Ils vont régulièrement  l’enjoindre d’obéir, lui rappeler que « ce sont les parents qui décident »… Et comme ce n’est pas forcément intéressant pour l’enfant, se met en place tout un système de punitions et récompenses, lesquelles permettront de mieux modeler l’enfant à l’image que l’on souhaite qu’il incarne en société.

Mais le parent (s’)est aussi convaincu que c’est « pour son bien » et que ce serait le seul moyen de lui enseigner les valeurs fondamentales. Partant de ce postulat, tout parent souhaitant s’y prendre autrement avec son enfant semble fou, inconscient, ou tout simplement démissionnaire voire défaillant…

Le laxisme est servi à toute les sauces, mais c’est quoi au juste ?

Certains parents ne souhaitent pas une relation autoritaire avec leurs enfants, mais n’ont pas les clés pour s’y prendre autrement.  Peu respectés eux-mêmes dans leur enfance, ils n’ont pas appris à considérer leurs propre besoins. Ils souhaitent respecter la liberté de leur enfant mais s’oublient eux-mêmes… Et finalement, c’est une réponse opposée à un vécu mais pas assez murie pour accompagner un enfant de manière constructive.

D’autres parents n’ont pas spécialement réfléchi à leur manière d’accompagner leur enfant. Et par facilité, un certain laxisme peut s’installer, si le parent préfère passer du temps pour lui plutôt que s’occuper de son enfant. Les nounous-écrans en sont le parfait exemple.

Poussé à son paroxysme, le laxiste est le parent démissionnaire… Un parent tellement dépassé par ses problèmes personnels qu’il assure très mal voire plus du tout l’accompagnement de son enfant ;  un parent désengagé, ayant besoin d’aide.

L’enfant se sent alors livré à lui-même, à ses besoins d’expérimentation spontanés, dans un environnement non sécure. Il va chercher l’attention et l’affection par tout moyen, rarement efficaces…

A noter que ces « cases » sont fictives ; un parent lambda est souvent globalement autoritaire, mais il montre aussi  son affection, et parfois il est permissif. Un parent permissif aura parfois des accès d’affection ou d’autorité. Et il n’est pas rare qu’un parent vraiment à bout alterne entre phase de laxisme et de violence physique et morale.

Nous considérons que le laxisme est une violence éducative et ne répond vraiment pas aux besoins de l’enfant. Il est clair que la permissivité, comme toute violence éducative ordinaire peut s’inviter à tout moment lorsqu’un parent est fatigué ou en prise avec des problèmes personnels  importants. Ainsi chaque parent doit y être vigilant. La clé contre le laxisme, c’est d’identifier ses propres besoins, les écouter, et les exprimer.

Identifier, écouter et exprimer ses propres besoins, cela n’est pas évident si on n’a pas pu le faire depuis son enfance. Heureusement, nous pouvons apprendre à le faire. La Communication Non Violente consiste à la foi à communiquer soi de manière constructive envers les autres, mais aussi – et c’est personnellement le plus difficile – à recevoir le message de l’autre en le décodant et sans prendre pour soi les critiques qui ne sont en réalité que la mauvaise expression des besoins de l’interlocuteur ! Un  travail sur soi est ainsi nécessaire, consistant à retrouver davantage  d’estime de soi, bien souvent (très) émoussée (par toooutes ces violences éducatives)… Marshall Rosenberg, père de la Communication non-violente, considère que lors d’un conflit, lorsque chaque personne a identifié son réel besoin, la résolution se fait en 20 minutes !! Ça fait rêver, non ?

 

Dans notre idée de respecter nos enfants, et leur offrir une enfance épanouie, espérant leur donner les clés pour mener une vie autonome et elle aussi épanouie, nous bannissons toutes violences éducatives ordinaires.  Cela nous conduit donc à rejeter le système punitions récompenses, cela peut mener un parent qui ne mûrirait pas assez sa réflexion à une forme de permissivité, mais ce n’est pas le chemin que nous choisissons. Nos enfants sont écoutés, et nous nous écoutons nous même également ; nous lâchons prise pour ce qui n’est pas si important – et c’est propre à chacun – pour nous concentrer sur des règles essentielles, lesquelles seront établies pour tou.te.s, enfants et adultes, jeunes et vieux, hommes et femmes, et sur des consignes bien expliquées s’exprimant dans un espace-temps défini clairement.

 

Chloé

Pour aller plus loin :

L’enfant roi n’existe pas

Les violences éducatives ordinaires

Identifier, écouter et exprimer ses propres besoins  – en cours

Les bases de la Communication Non Violente – Conférence de Marshall Rosenberg (traduction FR)

Règles, consignes et interdits.

Le système punitions récompenses – en cours
*Le choix fermé*
*Chantage ou demande*
*Punition ou conséquence naturelle ?*

Éduquer sans récompense ni punition – Conférence de Marshall Rosenberg (traduction FR)

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Violences médicales

Ce fichier est là à titre indicatif et ne remplace en aucun cas les conseils de professionnels de la santé et une consultation médicale.

Sommaire :

  • INTRO
  • Décalotter ou pas ? (et sécrétions des organes sexuels du bébé)
  • Suppositoire or not suppositoire ? (et actes sur la région annale de bébé)
  • Vaccins

Introduction:

Les questions d’ordre médical et de santé reviennent régulièrement sur ce groupe. Nous avons donc crée ce fichier de référence qui vous aidera à connaitre la vision du groupe sur ces sujets. La question des soins est particulière car ce ne sont pas des « VEO »: il n’y a rien d’éducatif dans un soin médical. C’est un fait, de nombreux gestes médicaux sont intrusifs, désagréables, parfois carrément violents. On aurait ainsi tendance à vouloir les classer dans les « douces violences ». Il y a beaucoup d’affects en jeu quand on touche à la santé de nos enfants. On est dans une responsabilité très forte et chacun.e fait à partir de ses propres connaissances et confiances et chaque positionnement est à respecter pour cela. Il est intéressant cependant de s’interroger sur le bien fondé de ces pratiques et d’en chercher des alternatives quand c’est possible.
On essaye dans ce fichier de traiter certains types de soins ou d’actes médicaux par thèmes, en se demandant comment on peut pratiquer (ou éviter dans certains cas) ces actes dans un souci de bienveillance maximale envers l’enfant, en prenant en compte les priorités de santé. Des liens vers des articles sérieux vous seront parfois proposés au fil des thèmes.

Décalotter ou pas ?

Article spécifique : Faut-il décalotter bébé ?

“Pour certains parents, le décalottage serait nécessaire à une bonne hygiène du prépuce. Pour certains professionnels, le décalottage permettrait d’éviter les pathologies du prépuce (phimosis, balanite…). Ces idées perdurent alors qu’elles sont totalement contredites par les études scientifiques.
Un peu de physiologie et quelques chiffres:
A la naissance et chez les nouveau-nés de moins d’un an, la face interne du prépuce adhère au gland (on parle d’adhérences préputiales) et l’ouverture au bout du prépuce est étroite rendant le décalottage impossible. Cette impossibilité de décalotter concerne 96 % des nouveau-nés de moins de 1 an. On parle alors d’un phimosis physiologique qui, au contraire du phimosis pathologique, est tout à fait normal.
Grâce aux manipulations de l’enfant et aux érections spontanées, ces adhérences vont progressivement se libérer et le bout du prépuce s’élargira permettant le décalottage. Même si cela est variable selon les enfants, généralement le prépuce peut être complètement décalotté vers 3, 4 ans chez la majorité des enfants. A l’adolescence, seuls 1 à 3 % des adolescents ne pourront toujours pas décalotter leur pénis*.
Le conseil est donc de laisser faire : les « problèmes » de décalottage se régleront naturellement dans la quasi-totalité des cas.”
SOURCE: http://www.sparadrap.org/Parents/Co…L’association Sparadrap est composée de parents et de professionnels de la santé, présidé par Dr Catherine Devoldère, pédiatre responsable de l’Unité d’hématologie immunologie, oncologie et rhumatologie pédiatriques du CHU d’Amiens.
Mini-cours en vidéo par sage-femme sur le pénis du bébé et le décalottage : http://www.magicmaman.com/,video-le…
– TOUCHE PAS À MON ZIZI ! Décalottage : un geste à éviter http://www.grandirautrement.com/fr/…

Sécrétions émanant des organes sexuels du bébé (essentiellement chez le garçon)

Dépôt blanchâtre autour du sexe? C’est le smegma (phénomène physiologique pas toujours très connu qui peut être confondu à tort avec une infection). Voir lien ci-dessous pour en apprendre plus et en parler avec votre médecin si vous le souhaitez (article validé par des Dr) : A lire : http://www.droitaucorps.com/decalot… extrait: “En conclusion, sur une verge d’enfant, il ne faut rien faire, rien. Quel que soit l’âge. Propos recueillis par le Dr Daniel DELANOË “

Conclusion: En plus de faire souffrir l’enfant inutilement, on peut créer des soucis de lésions du prépuce et on peut le traumatiser (physiologiquement et psychologiquement). La nature est bien faite, laissez-la faire: inutile de décalotter.

NB: Le sujet du décalottage traité ici concerne les bébés en bonne santé. En cas de pathologie (infection, rougeurs/couleurs anormales, œdème, etc) ou de doute, consulter un médecin.

Suppositoire or not suppositoire ? (et actes sur région annale de bébé (T°) )

Nous souhaitons revenir sur la question des suppositoires, et plus largement des traitements médicaux invasifs à « violents ». Comme précisé en intro de ce fichier, ce ne sont pas des « veo » car il n’y a rien d’éducatif dans le suppositoire ou la prise de température de toute façon. Cela reste néanmoins un acte intrusif et nous pensons que c’est surtout ça dont il faut prendre conscience si on n’y avait jamais pensé.

Ce qu’il convient selon nous, c’est de garder ce type de médicament qu’en cas de besoin important, en cas d’urgence, si aucune autres alternatives plus respectueuses ne sont possibles.

Paroles de médecins / pédiatres :
– Dans le cadre de conseils en cas de fièvre du nourrisson/bébé: “Le médicament le plus fréquemment utilisé est le paracétamol (Efferalgan®, Doliprane®). Chez le nourrisson, sa présentation en suspension buvable permet de donner à chaque prise la dose adaptée au poids actuel de l’enfant (cuillère doseuse graduée ou pipette). Éviter si possible les suppositoires dont le rejet est fréquent et l’absorption inconstante.“ Source: http://www.medecins-a-domicile-94.fr/…
– Recommandations données dans le cadre d’une constipation du nourrisson/bébé (extrait des mesures “générales” à mettre en place) : l’arrêt de toute manœuvre locale intempestive telle que l’introduction répétée d’un thermomètre (source de douleur, de fissure ou d’ulcération du canal anal) ou l’utilisation de suppositoire comme mode d’administration de médicaments “ Source: http://www.pediatre-online.fr/alime…
Conclusion : Il est évident qu’en tant que parent d’un enfant malade, on souhaite faire au mieux ; et on a tou.te.s conscience que les parents qui mettent des suppositoires le font pour soigner leur enfant. Il n’empêche qu’il est intéressant de s’interroger sur le bien fondé de ces pratiques. Et d’en chercher des alternatives quand c’est possible. Il y a beaucoup d’affects en jeu quand on touche à la santé de nos enfants. On est dans une responsabilité très forte et chacun.e fait à partir de ses propres connaissances et confiances ; et chaque positionnement est à respecter pour cela. Bien sur, pour un enfant qui préfèrera le suppositoire à la forme oral, nous serons tenus de suivre son choix.

Vaccins

en cours de construction. suggestion de textes et de liens sérieux, scientifiques et objectifs, qu’ils soient “pour ou contre ou entre les 2” sont les bienvenus.