Réflexion sur l’obéissance…ou pourquoi je refuse que mes enfants m’obéissent.

 

Qui de nous n’a jamais entendu  «  oh il a été obéissant  !  »  ; «  il est sage ton fils  »  ; «  tu obéis, oui  ?  »

Le relation d’adulte à enfant est généralement verticale et hiérarchique, basée sur l’obéissance/soumission. L’enfant doit obéir à ses parents, tout comme le salarié doit obéir à son patron. En quoi les relations verticales seraient-elle bénéfiques à la construction de tout un chacun  ? Des relations basées sur l’équité ne seraient-elles pas moins préjudiciables au développement des enfants, et par extension, des adultes  ?

I. L’obéissance et les relations verticales

Selon la définition du Larousse, l’obéissance est l’action ou l’habitude d’obéir, de faire ce qui est commandé  : l’obéissance des enfants à leurs parents.

Cette définition induit indéniablement un rapport de force, une domination, exercés par le plus fort (l’adulte), sur le plus faible (l’enfant), sans prendre en compte ses besoins et son niveau de compréhension.

Ainsi, sous couvert de prétendre savoir ce qui est bon pour nos enfants, nous les contraignons généralement dans un rapport de force qui souvent aboutit à des violences éducatives ordinaires, psychologiques et physiques (menaces, chantage, réprimandes, punitions voire tapes, claques et fessées). Sans oublier qu’une violence peut aller crescendo si les enfants refusent de se soumettre à l’autorité des adultes.

Il existe pourtant bien des situations dans l’histoire où la désobéissance a été remarquée, et remarquable. Je pense notamment aux résistants lors de la Seconde Guerre Mondiale, qui ont caché les juifs, et ont ainsi désobéi à ce qu’on leur demandait de faire. Je pense aux afro-américains qui se sont battus pour faire valoir leurs droits aux Etats-Unis (Rosa Parks, MLK, Malcolm X notamment). L’Histoire nous montre que l’obéissance, et donc l’asservissement, sont néfastes pour les Hommes. Pourquoi serait-ce différent pour les enfants  ?

II. Les conséquences de l’obéissance des enfants

Je pense que chacun d’entre nous préfère apprendre sans contrainte, sans soumission à une quelconque pression extérieure. Les apprentissages sont bien mieux assimilés quand les conditions sont favorables. Or l’obéissance est liée à un sentiment de crainte et de peur: on ne se soumet pas par consentement car dans ce cas on serait dans la coopération. La crainte et la peur génèrent du stress qui bloque les apprentissages. Cela abîme aussi la relation. Car Un enfant à qui il est demandé d’obéir sans discuter développera la crainte de l’adulte. Ces méthodes peuvent s’avérer dangereuses car la notion de consentement n’est pas transmise. Aussi cela conditionnera l’enfant à obéir ou suivre des adultes qui n’auront pas forcément de bonnes intentions à son égard.

Par définition, le consentement est l’action de donner son accord à une action, à un projet  ; acquiescement, approbation, assentiment. Or, en ne prenant pas en compte ce que les enfants pensent, on rompt la communication avec eux (leur avis ne compte pas, ils ne sont pas considérés). La fin du dialogue est la porte ouverte aux interprétations, aux visions négatives sur l’enfant et ses intentions. Ces visions entretiennent des schéma de violence dont il est difficile de s’extirper. Et on arrive à des «  mon enfant ne m’obéit pas, il me nargue…  ». Non, votre enfant refuse de se soumettre à des règles qu’il considère absurdes et sans aucun sens pour lui, pour son niveau de compréhension.

Car un enfant est mu par le désir de relations apaisées (créer du lien est un besoin vital) et il est prompt à coopérer quand il le peut. S’il ne coopère pas c’est qu’il ne le peut pas (incapacités physique, émotionnelle cognitive, momentanée ou plus temporaire). Ne pas tenir compte de cette incapacité et le contraindre à obéir est une violence.

« En voulant des enfants obéissants, sages trop tôt, vu leur développement psychique nous leur inculquons le culte de l’autorité qui amène à la violence collective. Ce type d’attitude crée chez l’enfant un conflit interne car cette obéissance nie la conscience de l’individu et peut entraîner des conséquences désastreuses. »
Arnaud Deroo 

Je sens déjà pointer les questions « et si mon enfant veut traverser la route en courant sans regarder, je le laisse faire ? »

Evidemment non, les règles liées à la sécurité me semblent les plus importantes. En revanche, pourquoi pas anticiper et prendre le temps de leur expliquer le danger, cent fois, mille fois s’il le faut, et ce de manière respectueuse ? Plutôt que de le faire obéir à une règle qu’il n’est cérébralement parlant pas en mesure de comprendre et d’assimiler, avec le lot de conséquences que cela peut engendrer ?

Pour respecter des règles les enfants ont besoin de confiance or quand on cherche l’obéissance on rompt cette confiance envers l’adulte. L’enfant doit pouvoir se reposer sur nous pour être entendu et compris.
Dans une posture de domination et d’obéissance, l’enfant se soumet par peur et crainte plutôt que de suivre les demandes de l’adulte par confiance.

    « Lorsque quelqu’un entend ma demande comme une exigence,

je le paie à chaque fois très cher,

car le lien empathique est rompu et le plaisir de donner, détruit.

Je perds alors ce qui m’était le plus précieux,

ma relation de confiance avec l’autre. »

Marshal Rosenberg

L’expérience de Milgram, réalisée dans les années 1960 par Stanley Milgram, psychologue, démontre que les gens sont prêts à exécuter des actions inhumaines/dangereuses par soumission à l’autorité. En effet, ils se sont conformés à ce que l’autorité commandait afin d’entrer dans le moule, appartenir à un groupe. Cette expérience comprenait quarante hommes qui pensaient participer à une expérience sur l’apprentissage et la mémoire.

L’objectif de cette expérience était de savoir jusqu’à quel point chaque homme obéirait aux ordres de l’animateur, alors que les dits-ordres (que chaque homme doit exécuter)vont peu à peu à l’encontre des valeurs de chaque participant.

L’animateur fait entrer deux personnes dans une pièce : la première sera l’expérimentateur, la seconde l’élève. L’animateur emmène l’élève dans une pièce adjacente, l’attache avec des sangles sur une chaise afin de l’empêcher de bouger les bras, puis lui installe une électrode au poignet. Il lui dit qu’il va devoir apprendre une liste de mots. Chaque erreur commise sera sanctionnée par des décharges électriques d’intensité croissante. (A noter que le rôle de l’élève est joué par un acteur, qui, bien évidemment, ne reçoit aucun choc électrique).

L’expérimentateur, véritable sujet de l’étude, est emmené dans une salle où se trouve un générateur de chocs électriques factice (mais ça, il ne le sait pas !) Ce générateur est composé de trente manettes de 15 à 450 volts sur lesquelles sont mentionnées les indications suivantes : « choc modéré », « choc fort », « choc sévère-danger » et « XXX ».

Le test de mémoire et d’apprentissage peut commencer. Quand la réponse de l’élève est incorrecte, l’expérimentateur doit lui administrer une décharge électrique en commençant par le voltage faible, puis en augmentant les volts.

Y-a-t-il un moment où l’expérimentateur va oser désobéir aux ordres de l’animateur?

L’hésitation survient quand l’élève commence à se sentir mal, à montrer des signes de douleur, à supplier d’être détaché, et à hurler.

Chaque expérimentateur s’est trouvé tiraillé entre les douleurs ressenties par l’élève, et les ordres donnés par l’animateur, lequel faisait acte d’autorité. Cependant, dès qu’un expérimentateur hésitait à envoyer le choc électrique, l’animateur lui intimait d’obéir.

 

En définitive, aucun expérimentateur n’a arrêté d’envoyer les décharges électriques. Aucun n’a refusé, aucun n’est parti. Le conformisme/le conditionnement ont été bien plus puissants que l’éthique de chaque individu, qui ont poursuivi l’expérience jusqu’au bout, car on leur avait « assigné une tâche qu’ils devaient accomplir ».

Ainsi, si l’on transpose cette expérience à l’obéissance des enfants envers les adultes, je vous laisse réfléchir sur les effets que cela pourrait avoir…

Expérience de Milgram

III. De la nécessité d’apprendre à nos enfants le discernement

L’obéissance est l’apprentissage de la soumission d’une personne sur une autre. Comme expliqué précédemment, d’un employé envers son patron, d’un peuple envers le gouvernement, d’un enfant envers un adulte…et il y a quelques décennies encore, d’une femme envers son époux. La femme devait obéissance et soumission à son mari. A mon sens, aucune soumission n’est souhaitable.

Prenons l’exemple d’un employé qui occupe un poste où la hiérarchie impose des valeurs contraires à la sienne  : il va se sentir impuissant, mal, dépressif parfois…ou bien il va combattre cette hiérarchie, au risque de perdre son travail car il ne sera pas soumis aux desiderata de son patron.

Imposer l’obéissance d’un enfant envers un adulte ne lui permet pas de savoir ce qui est bon pour lui ou pas, en toute autonomie. Cela lui apprend à se soumettre à des règles qui ne lui conviennent pas, parfois même qu’il ne comprend pas…parce que c’est l’adulte qui en a décidé ainsi. En revanche, si les adultes proposent des choix à l’enfant, expliquent, transmettent, sans domination aucune, avec respect, cela lui permet de faire preuve de discernement, de se responsabiliser, de savoir ce qu’il estime juste pour lui ou pas.

Si l’on désire que nos enfants soient capables de penser ce qu’ils veulent, d’avoir leurs propres opinions, d’être autonomes, qu’ils sachent reconnaître les injustices quand elles se présentent, laissons-les découvrir les règles de vie en société sans leur imposer. Laissons-les être suffisamment confiants pour répondre à l’adulte quand ils ressentent une injustice. Laissons-les dire non.

Anaïs Leonard Duquesne et Maja fondatrice de www.leslunettesdemaja.fr , pour Enfances Epanouies.

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La réprimande : une violence comme une autre …

Pour ceux qui se sont penchés sur la nature des veo (cf liste des veo) on retient et intègre souvent les violences « classiques »: les châtiments corporels (fessées, claques, tapes, tirages de cheveux etc.), humiliations, chantage, menaces, punitions, récompenses etc. Mais il y en a une qui n’est pas toujours connue et pourtant répandue en terme de « pratique parentale », notamment quand on débute dans la non violence éducative ou accompagnement respectueux, ou quand on n’a pas encore fait le tour de la question.
Pourtant cette violence est exactement du même ordre, en ce qu’elle impacte le cerveau de la même façon : la réprimande – c’est à dire le fait de se fâcher contre son enfant en l’accusant de ses erreurs et/ou le blâmant de notre état (Dr Gueguen cite bien la réprimande au même titre que les autres veo 1): « pourquoi tu as fais ça? Tu n’aurais pas dû! » « C’est idiot/pénible/méchant/bête/nul/pas sympa… » « Qu’est ce que j’ai fait pour mériter un enfant pareil?! » « J’en ai marre de toi/ce que tu fais/dis »
Même si on ne dit pas à notre enfant lors de ces remontrances des méchancetés explicites (ou pire des insultes), ou si on ne lui crie pas dessus ou si on ne lui fait pas les gros yeux, la grosse voix, etc, par le fait même de l’accuser, de lui faire comprendre qu’il est un problème, et ce même si on s’efforce de dissocier son comportement de sa personne, dans le cerveau de l’enfant s’allument les mêmes zones que celles de la douleur intense.
Pour l’enfant si l’adulte, notamment sa figure d’attachement, se met dans des états d’énervement c’est qu’il en est responsable. L’enfant se considère alors lui même comme un problème et son cerveau réagit donc en conséquence en état de stress et de culpabilisation. De la même façon quand un adulte a des attentes auxquelles l’enfant ne peut pas répondre : il se sent comme défaillant, il ne va jamais se dire que son parent en attend trop de lui mais il va se sentir juste incapable… Il est en situation d’échec du fait d’attentes irréalistes et porte sur ses petites épaules le poids de la responsabilité de la situation.
Cette information est importante pour trouver d’autres façons d’interagir : ça ne veut pas dire qu’il ne faut jamais être en colère ou s’énerver mais quand on l’est il est primordial de bien dissocier notre enfant de notre état: « ok la je suis très en colère ce n’est pas de ta faute » Et ce peu importe ce qu’il a fait, même s’il a commis la goutte d’eau qui a fait déborder le vase : il n’est pas responsable de l’eau déjà présente dans le vase et encore moins de la taille du vase…
Dans le discours on peut très bien expliquer à l’enfant à chaud qu’on ressent de la colère (cf notre article sur la gestion des émotions de l’adulte – en préparation) et qu’on a besoin de temps pour un retour au calme avant de pouvoir discuter avec lui.

Que faire ? Des pistes en plusieurs étapes…

1. Comprendre le fonctionnement cérébral d’un enfant.
* Se renseigner ce qu’il est légitime d’attendre de son enfant en fonction de son âge.
* Ne plus le voir sous le prisme de préjugés : caprices, manipulations, calculs, provocations etc
* Comprendre que derrière ses comportements il y a soit un besoin non rempli, soit une incompréhension de sa part ou une incapacité (ponctuelle comme quand il est pris par une émotion, ou temporaire comme ne pas avoir acquis les codes sociaux et règles de politesse)
2. Amorcer le dialogue
* La profondeur de la discussion sur le conflit lié au comportement de l’enfant qui nous a dérangé va dépendre de son âge.
* Ne pas se focaliser sur l’erreur commise/comportement inapproprié (ce qui est mal et sur les conséquences de ses actes).
* Lui expliquer l’attitude appropriée attendue et lui partager notre confiance à ce qu’il essaie d’adopter cette attitude la prochaine fois ou bientôt quand il sera en capacité de le faire.
3. Mise en situation et proposition de réaction: exemple de l’enfant qui tape
« Je sais que c’est difficile pour toi et que bientôt tu trouveras d’autres façons d’exprimer ta colère ». En fonction de notre état émotionnel et celui de l’enfant avoir cette discussion à froid est souvent plus productive, mais cela dépend de chacun et de la situation…
Certains vont penser : « oui mais alors il ne va jamais comprendre ses erreurs ni se responsabiliser »? Je répondrais alors : « qu’est ce que nous voulons? que nos enfants se sentent mal, culpabilisent et restent dans des sentiments de honte par rapport à leurs erreurs ou qu’ils apprennent à mieux faire? »
La réponse à cette question nous conduit naturellement à la position à adopter pour atteindre l’objectif choisi : on le sait un enfant ne peut apprendre dans la peur et le stress. Ces états bloquent son cerveau. Et les réprimandes génèrent autant de peurs et de stress que les autres veo précitées: je crois alors que dans une logique d’apprentissage notre choix sera vite vu… Si on passe notre temps à réprimander notre enfant pour son comportement et qu’on désespère que celui-ci n’évolue pas il faut peut être revoir la façon dont on gère la situation.
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4. Partage personnel : de la théorie à la pratique
En théorie j’avais intégré une partie de ce raisonnement depuis longtemps.
Réprimande = veo = pas bien Pour mon enfant ok…
Mais quand mon fils me tapait lors de ses crises de colère, sur une période allant de ses 2 ans jusque environ 4 ans, cette connaissance était loin de me remonter au cerveau. Et c’est loin d’être une simple image car moi même j’étais envahie, submergée, par des émotions et qu’elles ne laissaient place à aucune rationalité : j’étais exactement comme l’enfant qui vit une tempête émotionnelle et qui ressent des pulsions de violence pour se défendre (me sentant moi même agressée par sa violence).
Je savais que s’il me tapait c’est qu’il souffrait lui même (un enfant qui fait mal A MAL). Mais comment être emphatique de sa souffrance alors que moi même je souffrais de son comportement. Il n y avait donc plus de place dans mon cerveau ni pour la réflexion ni pour l’empathie (empathie cognitive celle qui permet de comprendre ce que vit l’autre).
Avec un effort d’acceptation de ma propre souffrance et en la déconnectant des comportements de mon fils j’ai pu faire un premier pas (ok c’est lui qui tape mais si j’ai autant mal c’est que ça renvoie aussi des choses de mon propre passé dont il n’est pas responsable: le vase tout ça…).
Ça ne veut pas dire accepter la violence de mon fils, surtout pas, ça veut dire juste mieux comprendre mon état émotionnel et tenter de me reconnecter à lui. Je n’arrivais pas pour autant à supprimer la réprimande même si je les rendais moins violentes: je faisais des efforts à ne pas dire « tu me fais mal » je disais plutôt « je n aime pas les coups ça me fait mal ».
Je discutais toujours à froid avec mon fils de ces situations, il m’expliquait comment il n’arrivait pas à s’en empêcher car « son ventre lui dictait sa conduite ». C’était sa façon à lui de dire que c était pulsionnel et en théorie je savais aussi qu’ à son âge et jusque 5 ans le geste violent est une réponse normale dans le cadre d’une frustration (bien sur ce point est à nuancer en fonction du degré de violence, et de la fréquence: il peut y avoir alors d autres facteurs que la simple immaturité cérébrale).
Je voyais qu’ on était dans un cercle vicieux où avec mes réactions je l’enfermais dans son incapacité à faire autrement. J’ai alors tout simplement arrêté de dire qu’il me faisait mal. J’ai arrêté de souligner ses erreurs, je lui disais plutôt : « je vois que tu te sens mal » tout en parant les coups « si tu as besoin je suis là ».
Par ailleurs je cherchais à remplir les besoins non comblés de contact physique, même s’il y en avait déjà pas mal (cododo, allaitement, câlins) : je me suis mise à chahuter avec lui plus souvent (tous les jours) et plus longtemps des fois 1h ou 1h30… Ça fait maintenant plusieurs mois qu’on est sur cette « pratique » et mon fils a changé de façon d exprimer sa colère: il claque une porte et s’en va en pleurant au bout de 5 min il m appelle pour un câlin.
Je suis vraiment fière de son apprentissage et je suis aussi contente d’avoir pu inverser la vapeur en revoyant ma façon de faire. Je ne dis pas que c’est facile et que ça vient du jour au lendemain mais il y’a quelques infos à avoir comme celles partagée sur l’impact des réprimandes c’est un début mais ça ne résout pas tout. Il y a nos attentes, il y a les capacités de l’enfant, nos réactions à chaud, leur origine réelle etc. Surtout peu importe nos anciennes pratiques ça prendra peut être parfois un peu plus de temps mais il n’est jamais trop tard pour inverser la vapeur… Courage si vous vivez cette situation vous aussi ou tout autre qui vous oppose à vos enfants : vous disposez des ressources pour nouer de solides relations avec eux et les accompagner respectueusement.
Maja fondatrice de www.leslunettesdemaja.fr  pour Enfances Épanouies
sources :
1 Pour une enfance heureuse, Dr Catherine Gueguen

Événement « Deux bougies pour deux enfants »

Aujourd’hui, suite à une idée de Patrick, nous vous proposons un petit événement pour faire écho aux nombreux décès d’enfants récemment relayés par la presse -mais aussi pour les autres. Et pour allumer une petite flamme d’espoir que cela change.
Nous vous invitons donc à allumer 2 bougies le 22 février, et à envoyer une pensée à tous ces enfants.

Parents et éducateurs, n’hésitez pas à vous faire aider et a vous entourer, vous n’êtes pas seuls !
Merci.

https://m.facebook.com/events/599602780246964

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Edit 23/02 : Merci à tous pour votre participation. L’évenement Facebook a comptabilisé 122 participants et nous avons récupérés 75 photos de vos bougies. Merci pour ces enfants ❤

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La douce violence… Ou pourquoi « c’est mal » de dire « c’est bien ! »

Professionnelle de l’action sociale depuis 12 ans, éducatrice spécialisée de mon état (initial ;-)), j’interviens régulièrement en tant que formatrice dans l’Institut Régional du Travail Social de ma région. Cet article s’adresse davantage aux professionnels de la relation d’aide ou du soin, mais également à tout parent désireux d’avancer vers l’éducation non violente…

 

Douce…Violence…Qu’est-ce donc que cet oxymore ? (A part « une figure de style littéraire visant à rapprocher deux termes apparemment opposés »[1])

La douce violence, pour certains, c’est aller chercher de la violence là où, en apparence, il n’y en a pas… Je dis « en apparence » parce que c’est cela qu’il convient de décrypter.

En apparence, parler d’un enfant ou d’un vieillard sénile à la troisième personne alors qu’il est présent, pour transmettre des informations à un collègue par exemple, ce n’est pas de « la violence », c’est du professionnalisme (et/ou une façon d’aller plus vite.)

Voici quelques autres exemples :

  • Poser des questions de curiosité de type « c’est un enfant désiré ? » à une femme enceinte lors de son échographie,
  • Presser un enfant ou un adulte dépendant, (Dépèche-toi ! Allez ! Hop hop hop ! Qu’est ce qu’il est lent!)
  • Nier l’émotion ressentie (Arrête(z) de pleurer ! On dirait une  fille/un enfant !)
  • Imposer à quiconque de s’habiller chaudement alors qu’il n’a pas froid, de finir son assiette alors qu’il n’a pas faim,
  • Donner des surnoms constamment (pour l’enfant c’est un risque de faille identitaire, pour l’adulte, on dira que c’est « infantilisant »…)
  • Coller des étiquettes (Tu es/il(elle) est sage-gentil(le)-méchant(e)-étourdi(e)-lent(e)-maladroit(e) …)

Et j’en passe…Vous en trouverez beaucoup d’autres dans les livres de Christine Schuhl[2].

 

En fait, dans le verbe, c’est une façon de sortir de la relation (éducative s’il en est) pour s’ériger en juge de l’autre, autre différent et donc parfois incompréhensible. C’est un mécanisme intellectuel qui provient du besoin d’aller vite, de classifier, d’encadrer, d’étiqueter pour faciliter  le travail du cerveau et pour comprendre. Cerveau qui s’en occupe parfois même sans que nous n’en ayons conscience.

J’en reviens à l’expression « C’est bien ! », évoquée dans le titre :

Il m’a fallu du temps pour mesurer cet aspect de la relation éducative, mais en effet, objectivement, dire « c’est bien ! » à celui que l’on « éduque », c’est un jugement de valeur.

Plutôt positif me direz-vous?

Certes! Mais qu’il soit positif ou négatif, le jugement de valeur est à proscrire de la relation éducative puisqu’il implique un jeu de pouvoir : « l’éduqué » est donc sans cesse contraint de mesurer ses capacités en fonction de l’échelle de valeurs de « l’éducateur ».

Ladite échelle étant forcément sensiblement (ou totalement) différente d’un individu à un autre, l’on peut dès lors envisager l’impossible situation dans laquelle de telles paroles « insignifiantes » peuvent plonger l’usager d’une structure, confronté qu’il est en permanence et de façon souvent non souhaitée à une équipe de plusieurs éducateurs d’horizons différents…

Alors luttons !

Mettons-nous à la place des gens, fussent-ils des enfants et ne cessons jamais de nous questionner !

 » Tiens, pourquoi j’ai dit ça ? Quel est l’objectif éducatif de ma demande, de mon intervention auprès de cette personne ? Comment je le prendrais si l’on s’adressait à moi de cette façon ? « 

Sortons du jeu de pouvoir qui pollue la relation et restons humbles!

« Qui suis-je pour me permettre de juger l’autre, positivement ou négativement? Qui suis-je pour lui imposer MA conception du  »bien » et du  »mal »? « 

Une citation dont j’ai oublié l’auteur, illustre parfaitement le propos: « Peu importe qui tu rencontres sur ton chemin, n’oublie jamais qu’il a déjà au moins une fois traversé l’enfer. »

Essayons de rester neutre et objectif, et pour cela, décrivons ce que nous observons sans qualifier et restons dans l’interrogative! (Bonus : laissons toujours la porte ouverte –pour ne pas dire « la main tendue »…)

Exemples :

«Hé ben ! Ta fugue t’as encore servi à aller te défoncer le crâne ! Salut, content(e) de te revoir. Je vois que la nuit a été difficile. Je me trompe ? »

« Aujourd’hui c’est dans ta chambre et t’en sors pas tant que tes yeux ont pas retrouvé une couleur normale c’est compris !? Est-ce que tu veux te poser pour qu’on en parle ? Ou encore « Quand tu seras prêt à en parler, j’aimerai que tu viennes me voir. »

« Je vois que ce mur est dégueulasse plein de feutre. QUI a fait ça ??!!! Comment faire pour nettoyer ça et faire en sorte que ça n’arrive plus ? » 

« Je vois que tu fais un joli dessin ! C’est très beau !  Tu as choisi plein de couleurs vives ! »[3]

 

Bref, soyons vigilants puisque la violence, qu’elle soit « douce » ou qu’elle le soit moins, s’immisce jusque dans le plus infime des recoins de l’accompagnement éducatif, si ancrée qu’elle est dans nos pratiques, jusqu’à l’être dans l’humain lui-même… N’oublions pas que notre posture d’éducateur consiste à accompagner, à aider, à secourir même parfois.

Nous sommes une béquille…pas une batte de Baseball…

 

Aude

 

Pour aller plus loin, généralement:

 

[1] Larousse

[2] Christine SCHUHL, Denis DUGAS, Repérer et éviter les douces violences dans l’anodin du quotidien, Ed. Chronique Sociale, Lyon, 2014.

[3] Pour aller plus loin sur ce sujet particulier : http://www.seveilleretsepanouirdemaniereraisonnee.com/2016/07/maman-il-est-joli-mon-dessin.html

Faut-il décalotter bébé ?

Merci à Guy Sinden qui a pris le temps de rédiger cet article dont il connait fort bien la problématique.

Doit-on accorder une attention particulière aux parties génitales du garçon ?

PRÉCISIONS
Avant de parler de phimosis et du traitement du prépuce chez le garçon, il faut savoir de quoi il s’agit. Le prépuce est une double-peau mobile qui a une fonction de protection du gland et une fonction sexuelle. Ainsi son décalottage met à jour sa face interne, une muqueuse hautement spécialisée et très sensible, ainsi que le frein sur sa partie inférieure. Les deux sont les zones les plus sensibles du pénis, de loin plus sensibles que le gland. Lors d’une circoncision le prépuce disparaît et le frein très souvent également.

LE DECALOTTAGE
98% des garçons naissent avec un prépuce soudé au gland. Comment intervient le décalottage ? Il est l’aboutissement d’un cheminement naturel, qui mène par les progressions suivantes : Le prépuce va lentement se décoller du gland, alors que l’ouverture du prépuce reste serrée. Dans cette phase, le prépuce peut ballonner lors de la miction. La phase suivante est la dilatation progressive de l’ouverture du prépuce, jusqu’au décalottage complet. Ceci s’opère au gré des années par les activités d’auto-sexualité, ainsi que les érections nocturnes et matinales. Le décalottage complet intervient en moyenne à 10,4 ans. Ces chiffres sont le résultat d’études qui datent (1968 pour la première) et ont été confirmés par la suite. 5% des garçons ne décalottent pas à 17 ans, les derniers décalottent vers 20 ans.

LE PHIMOSIS
Alors, le fameux phimosis, qu’est-ce que c’est ?
Le phimosis, mot péjorativement connoté, est, nous l’avons vu, un état normal chez l’enfant, et pour plus de clarté dans l’esprit du commun des mortel-l-e-s, il serait préférable de réserver ce terme à des cas réellement pathologiques, car le mot phimosis doit s’accompagner soit du mot « Physiologique » (donc normal), soit du mot « pathologique » (donc digne de l’attention du corps médical). Le premier ayant été développé, penchons-nous sur le second. Dans les pays qui ne pratiquent pas le décalottage, il (le phimosis pathologique) est très rare (de l’ordre de 1%). C’est justement l’impatience notamment des mamans et la méconnaissance dans le milieu médical qui incitent à décalotter le garçon bien avant l’heure, souvent par souci hygiéniste. Ces décalottages peuvent causer des déchirures de la membrane qui relie le prépuce au gland, mais également des microfissures au niveau de l’ouverture préputiale. Les cicatrisations à répétition rendent ces tissus rigides et incapables de de se dilater naturellement par la suite. Outre ces dangers, le décalottage prématuré peut engendrer un paraphimosis, qui est une urgence : le prépuce étroit et décalotté étrangle le pénis, tel un garrot. Au contact d’eau froide et en comprimant lentement le gland avec 3 doigts, on fait refluer le sang hors du gland pour refaire passer le prépuce en position normale.

QUE FAIRE ? RIEN !
Ne forcez pas la nature, laissez les choses se faire sereinement.
Informez les personnes en charge de votre enfant que vous ne tolérez aucune manipulation sur ses parties génitales.
Enfin, ne portez pas plus d’attention au pénis qu’à la vulve et ne problématisez pas cette zone du corps.
Une hygiène normale et les bains réguliers, ainsi que le développement naturel du prépuce mèneront votre fils à son aptitude sexuelle. Car le décalottage est une fonction sexuelle.
Pour ceux qui désirent approfondir, je renvoie aux pages du site droitaucorps, notamment
http://www.droitaucorps.com/prepuce-cest-quoi-definition
et
http://www.droitaucorps.com/decalottage-phimosis-bebe-prepuce

 

Guy Sinden

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#décalottage #prépuce #phimosis #paraphimosis

Petit Papa Noël… Faire croire (ou pas)

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Ne gardons pas le mystère pour nous plus longtemps…Les fêtes de fin d’année approchent ! Nombreux sommes-nous à nous questionner au sujet de nos enfants, sur le fait de « faire croire ou non au Père Noël ». Si cette décision appartient à chacun, il n’en incombe pas moins de faire ce choix en toute connaissance de causes (et de conséquences, pour le coup). Voici donc notre point de vue sur la question et quelques pistes pouvant constituer des alternatives, sous l’angle des VEO, toujours…

Faire croire à ses enfants en l’existence du Père Noël est une chose, utiliser cette croyance pour « qu’ils se tiennent tranquilles » en est une autre. Même si, dans le prisme des VEO, les deux propositions ne semblent pas si éloignées que ça.

Regardez donc en toute objectivité :

Pour la première affirmation, « Oui, le père Noël existe ». Très franchement, à part quelques victimes du sempiternel « syndrome de Peter Pan » (Si vous en êtes, arrêtez la lecture de cet article ici, vraiment. Non ? Bon, j’avais prévenu…), plus personne ne vous dirait que c’est vrai. Ok ? C’est donc un mensonge, par définition.

Pour ce qui est de la seconde proposition, encore pire.

Voyons voir : « Si tu n’es pas sage, le Père Noël ne passera pas ! ». Bon alors, là, clairement, ça se corse (et c’est bien moins joli que l’île du même nom. Coucou Corsica

Or, si l’on n’apprend pas aux enfants à ne pas frapper tout en les frappant nous-mêmes, il en va de même pour tout le reste, dont les mensonges et le chantage susmentionnés.

N’oublions pas que les enfants apprennent aussi par mimétisme. Soyons exemplaires.

D’autant plus que le mensonge ne s’arrête pas là : souvent, les plus grands entrent dans
« la combine » pour continuer à leurrer les plus petits. C’est un cercle sans fin. D’un autre côté, comme l’indique notre postulat de départ, nous nous plaçons toujours du point de vue l’enfant. A partir de là, essayons de nous mettre à la place de celui ou celle qui y croit très fort au Père Noël et dont l’entourage maintient fermement la croyance… Le jour où j’apprends « la vérité », de surcroît si cette dernière m’est annoncée brutalement (ou pas) par un copain d’école ou une cousine plus âgée, comment je me sens très concrètement ?

Bien sûr, l’état dans lequel je vais me retrouver successivement à cette annonce pourra varier selon mon degré de croyance, ma maturité, mon état psychologique du moment, mes aptitudes personnelles et mon caractère, mais globalement, le curseur se placera entre « Haute trahison » et « C’est pas si grave » en passant par « déception extrême ».

Le « jeu » en vaut-il la chandelle ? La question reste posée…

Voilà, le décor est posé et implique encore bien d’autres dimensions, notamment commerciales pour ne citer qu’elles. En effet, malgré le « STOP PUB » qui siège sur notre boîte aux lettres et la télé (pourtant éteinte) qui trône (pourtant encore) dans notre salon, les catalogues de jouets sont tout de même parvenus à emplir notre espace de quiétude. Bah oui, desfois qu’on oublie que Noël approche et que « le père Noël est en train de préparer sa saison de rush », il faut bien que la sphère commerçante se charge de nous le rappeler…

Partant de cela, rassurez-vous, il y a tout un tas de choses à dire et à faire avec les enfants autour de Noël sans se sentir obligé d’en passer par là.

Par exemple :

  1. Laisser l’enfant vous guider ! Oui, vous avez bien lu 😉 Dans une relation saine et égalitaire, exempte de VEO, chacun peut exprimer son avis sur les questions de la vie. Et quand celle du Père Noël arrive sur le tapis, pourquoi ne pas utiliser l’écoute active ?! ça pourrait prendre cette forme : « Et toi, qu’en penses-tu ? ». Cette petite phrase toute simple a plusieurs atouts : en plus de nous renseigner sur le « degré de croyance personnelle et individuelle» de l’enfant, elle permet de rester dans l’accompagnement de celle-ci sans toutefois en être à l’origine et sans la renforcer. On ajustera alors plus facilement notre façon d’accompagner notre petit tout en conservant un positionnement assez neutre.
  2. Tout miser sur le partage, l’amour, le don de soi, le temps passé ensemble autour de la préparation de la fête, la réflexion autour du menu, des cadeaux que chacun souhaiterait se voir offrir et que chacun souhaiterait offrir. « Fabriquer » la fête ensemble de façon à tisser les souvenirs qui s’y rapporteront. Redonner à Noël ses lettres de noblesse (façon de parler hein, je vous vois venir^^).
  3. C’est l’occasion d’ouvrir ses chakras son esprit, et celui des enfants: Bah oui, c’est quoi Noël? D’où vient cette fête? Quelle en est l’origine? Comment fête-t-on Noël de par le vaste Monde? Profitons-en pour faire des recherches, élargir nos connaissances, approfondir le sujet!
  4. C’est le moment de travailler le sens de l’empathie et de sensibiliser toute la famille au fait que Noël, ben c’est pas la fête pour tout le monde en réalité. Suivant les pays, les croyances, les obédiences…etc… la coutume de « l’assiette supplémentaire à table le soir du réveillon », à la base, n’est pas destinée à ce que le Père Noël puisse prendre une petite collation au pied du sapin entre deux livraisons. Non. Désolée de vous décevoir à nouveau. Cette assiette vide est réservée au « mendiant » qui viendrait frapper à la porte le soir de Noël pour se réchauffer et se restaurer autour de la table familiale…

Parce que c’est tout cela la « Magie de Noël », et que ça n’a franchement pas grand chose à voir avec « Le Grand Bonhomme En Rouge ».

Si malgré tout, vous décidez qu’insister sur cette croyance présente plus d’aspects positifs que négatifs pour l’enfant, essayez de rester objectif : cela reste un mensonge que votre enfant pourra vivre difficilement. A ce moment-là, vous devrez accueillir ses émotions, sa déception, et pourquoi pas sa tristesse? Il vous faudra alors assumer ce choix.

De ce fait, lorsque nous nous sentons tenté(e)s par le « faire croire », essayons de toujours nous poser la question suivante :

« Mon enfant a-t-il besoin de croire ou est-ce moi qui en ai besoin ? »

Et pour celles et ceux qui aiment s’appuyer sur les livres jeunesse pour faire passer les messages, voici une petite bibliographie qui pourrait vous être fort utile en cette période :

Le Noël de Balthazar
http://www.editions-hatier.fr/livre/le-noel-de-balthazar

Le Noël de Franklin (la Tortue, ndlr) http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/bourgeois-paulette-clark-brenda/le-noel-de-franklin,673995.aspx

Ernest et Célestine : Le sapin de Noël
http://www.ricochet-jeunes.org/livres/livre/5310-ernest-et-celestine-le-sapin-de-noel

Agathe ne croit pas au Père Noël
http://www.ricochet-jeunes.org/livres/livre/50137-agathe-ne-croit-pas-au-pere-noel

Combien de nuits reste-t-il avant Noël ?
http://www.lespetitsbouquins.com/livres/combien-de-nuits-reste-t-il-avant-noel/

Et….. Joyeux Noël à tou(te)s bien sûr !

Aude, pour la collégiale (merci les copains

Pour aller plus loin :

http://www.seveilleretsepanouirdemaniereraisonnee.com/2016/10/biblio-notre-selection-de-livres-pour-un-noel-alternatif.html

L’enfant roi n’existe pas.

L’archétype de l’enfant roi, tyran en puissance est un concept erroné menant souvent à considérer que l’abandon du système autoritaire conduit inéluctablement au chaos. Il est essentiel de sortir de cette considération de l’enfant. L’enfant naît empathique et altruiste, un  pressenti  communément taclé de « bisounours » aujourd’hui confirmé par de nombreux chercheurs.

Le cerveau de l’enfant est immature et établit des connections en fonction de son environnement et apprend par imitation les comportements de son entourage.
Nous vous invitons à visionner la vidéo explicative de Céline Alvarez au sujet de la plasticité cérébrale :

 

Ainsi, un accompagnement respectueux ne développe pas l’égoïsme mais le respect. Le respect réel enseigné par l’exemple de ce que l’enfant aura reçu envers lui-même. L’estime de soi de l’enfant est préservée, laquelle est essentielle au respect de ses propres besoins et à conserver sa posture empathique. Nulle crainte à avoir, donc, lorsqu’un parent explique les choses à son enfant sans lui ordonner ou punir, bien loin ainsi d’ « en faire un enfant roi », c’est exactement l’inverse. L’exemple est maître dans tout apprentissage et le respect s’apprend en étant respecté.

Un enfant n’a pas encore acquis les codes pour se conduire en société, et ses actions sont parfois inappropriées. On ne peut pas lui en vouloir ni le blâmer pour cette inexpérience, notre rôle est de lui transmettre ces codes en lui donnant des clés via des consignes claires bien définies.

Finalement, vous avez rencontré quelques enfants se conduisant de manière dite « tyrannique » et vous vous dites c’est bien beau tout ça mais si ce n’est pas inhérent à la nature de l’enfant – et de l’humain – alors ça vient d’où ?

l-enfant-roi

Un  enfant, chéri par des parents équilibrés et bienveillants… Oh wait !

« Un enfant difficile a toujours quelques chose à nous dire » (yapaka). Il crie simplement au monde sa souffrance, son impuissance face à un vécu douloureux qu’il ne maîtrise pas. C’est notre rôle d’adulte accompagnant de décrypter cela, de découvrir ce qui se passe auprès de l’enfant.  Ce peut être le fait de la tristesse puis la rancœur d’émotions non accueillies, le fait d’évoluer dans un environnement non sécure, ce fameux laxisme … L’enfant va alors se comporter de manière à attirer l’attention sur son problème envers une nouvelle figure d’attachement (les adultes rencontrés à l’école en particulier ou dans tout autre lieu où il se sentira assez en confiance).

Mais les comportements égoïstes et égocentrés sont aussi le fait de punitions, de se dire « puisque c’est comme ça »… L’éducation autoritaire, visant à dresser un enfant pour le rendre respectueux  par la crainte, induit l’exact opposé de ce qu’elle souhaite. Elle abîme l’estime de soi, annihile l’empathie naturelle de l’enfant et conduit à des sursauts d’égoïsme, bien souvent en l’absence des adultes, à la récré notamment… L’enfant va comprendre qu’en présence des adultes, il faut se tenir à carreaux, sinon les punitions pleuvent. Mais une fois que l’adulte aura le dos tourné, il fera subir à d’autres ce qu’il subit lui-même, ou suivra ceux qui induisent cela, ce qui mènent aux chamailleries habituelles mais aussi au harcèlement.

 

L’enfant roi n’existe pas. Il n’a aucun pouvoir. C’est un enfant. Un enfant triste, perdu, démuni, en manque de sécurité affective. Il y a toujours une explication derrière un comportement inapproprié. Le cerveau immature de l’enfant ne lui permet pas encore de gérer ses émotions ; colère, tristesse, crainte l’envahissent et « explosent » littéralement en cris, jet d’objet, agression physique… Notre rôle est d’accompagner dans l’apprentissage du respect de chacun.e et dans la gestion de ses émotions au mieux.

 

Chloé

 

Pour aller plus loin :

La Plasticité cérébrale, vidéo de Céline Avarez (5’28)

La Plasticité cérébrale, vidéo de Céline Avarez (29’23)

Règles, consignes et interdits.

« Un enfant difficile a toujours quelques chose à nous dire » Campagne yapaka

Non, je ne suis pas ‘laxiste’…

Les figures d’attachement – en cours

Le harcèlement – en cours

Rejoindre le groupe facebook : Pour une enfance épanouie, échanges et conseils

un-enfant-difficile-a-toujours-qqch-a-nous-dire

 

Dis, Maman, c’est quoi un « enfant »?

Un peu d’étymologie…Dans ce monde de brutes…

Les mots que nous utilisons chaque jour sont des « porteurs de sens » dont bien souvent le sens nous échappe, justement. Dans le cas de l’enfant, dont il est question ici et dont il sera question tout au long de la rédaction des articles qui composeront ce blog, je pense qu’il est essentiel de refaire un saut vers les origines. Parce que c’est bien en traversant les âges que nous pouvons percevoir toute l’imprégnation d’un terme sur les sujets qu’il est amené à désigner.

Parce que oui, en fait, c’est quoi un « enfant » ?

Ou en tout cas, d’où vient ce mot ? Comment tout cela se construit et qu’est ce que cela implique ?

L’enfance désigne au sens propre « la période de la vie humaine, de la naissance à l’adolescence. »[1]  

Au sens figuré, il s’agit du « moment initial ou fondateur, qui est à l’origine de… (l’enfance de l’humanité) »[2]

Parallèlement, je me suis rendu compte au cours de mes recherches que bon nombre d’expressions de la langue française comportant le mot « enfant », sont à visée plutôt (voire carrément) péjorative. Ainsi, « Ne fais pas l’enfant ! », « Cesse tes enfantillages ! », « Retomber en enfance »,… sont autant de proverbes et d’expressions signifiants chez l’adulte, un certain degré d’immaturité, de puérilité, de naïveté.

Le mot « enfantillage » comporte d’ailleurs parmi ses synonymes :

« futilité, frivolité, niaiserie, bêtise, baliverne, caprice ( !!!), sottise, naïveté, gaminerie, simagrée… » [3]

J’en passe et des bien pires…

Aussi, je trouve pertinent de rappeler que l’on parle de « familles de mots » pour désigner les termes partageant la même racine. D’ailleurs, voyons ce que nous dit l’étymologie du mot « enfant » :

 « Enfant nous vient du bas latin ‘’infans’’ pour ‘’non fans’’. Du latin ‘’in farer’’, celui ‘’qui ne parle pas’’, issu du verbe grec ‘’femi’’, celui ‘’qui ne sait manifester sa pensée par la parole’’ […] Plus tard, cet ‘’infans’’ sera un individu et deviendra une personne lorsqu’il franchira les étapes de l’instruction puis de l’étude…Il deviendra donc en latin, un ‘’puer’’[4]

Pour DOEDERLEIN au 19ème siècle, ‘’infans’’ est considéré comme étant le premier stade du ‘’puer’’ qui englobe la personne, de sa naissance à son âge adulte. Dans le même temps l’auteur indique que ce qui  fixe l’entrée dans l’âge adulte est la capacité de procréation d’un individu. L’enfant est donc défini par son absence de capacités (de parole, d’expression de la pensée, puis de procréation…).

Un enfant serait-il donc « celui qui n’est pas encore » ?

 « Cet enfant, le ‘’puer’’ latin vient du verbe latin ‘’parere’’ comme l’indique DODERLEIN. Ce verbe, ‘’parere’’ possède le sens d’enfanter, accoucher, mettre bas, engendrer. Ce verbe ‘’parere’’ donne en latin le mot ‘’parens’’ désignant le père ou la mère, les grands-pères, l’aïeul, les parents, les proches. »[5]

Ainsi, « parent » et « enfant » définissent chacun un stade du cycle de la vie de l’individu tout en étant des termes liés à la même racine (encore une analogie avec la famille et son fameux ARBRE généalogique ;-)).

Et si tous les individus ne deviendront pas des « parents », ils ont tous pour autant, été des « enfants ». Cette dimension temporelle évoquant différents stades de la vie d’un seul et même individu tend à nous amener progressivement vers cette vision humainement égalitaire. Un adulte étant un « ancien enfant » et un enfant étant de ce fait un « futur adulte ».

Somme toute, malgré les évolutions de ces dernières décennies concernant la connaissance et la compréhension du « monde de l’enfance », difficile de ne pas évoquer le « poids des mots », qui peut, parfois être lourd à porter. Et si l’on prend du temps « pour s’y faire », l’on en prendra tout autant pour « s’en défaire ».

Ainsi, ces quelques minutes d’étymologie laissent entrevoir l’implication du terme, du mot à proprement parler, dans la place que nous réservons à nos « petits êtres » dans la société:

Bah oui, finalement, à quoi bon écouter « celui qui ne parle pas » ?

C’est cette place, toute singulière, qui fera l’objet d’un article à venir, dont vous trouverez le lien ici même : ………

Aude

[1] Larousse

[2] Idem

[3] Synonymo, Dictionnaire des synonymes en ligne, source Internet.

[4] https://sites.google.com/site/etymologielatingrec/home/e/enfant

[5] Louis DOEDERLEIN, Manuel de synonymie latine, Édition française (publiée avec l’autorisation spéciale de l’auteur par Th. Leclaire), Paris, 1873

Violences médicales

Ce fichier est là à titre indicatif et ne remplace en aucun cas les conseils de professionnels de la santé et une consultation médicale.

Sommaire :

  • INTRO
  • Décalotter ou pas ? (et sécrétions des organes sexuels du bébé)
  • Suppositoire or not suppositoire ? (et actes sur la région annale de bébé)
  • Vaccins

Introduction:

Les questions d’ordre médical et de santé reviennent régulièrement sur ce groupe. Nous avons donc crée ce fichier de référence qui vous aidera à connaitre la vision du groupe sur ces sujets. La question des soins est particulière car ce ne sont pas des « VEO »: il n’y a rien d’éducatif dans un soin médical. C’est un fait, de nombreux gestes médicaux sont intrusifs, désagréables, parfois carrément violents. On aurait ainsi tendance à vouloir les classer dans les « douces violences ». Il y a beaucoup d’affects en jeu quand on touche à la santé de nos enfants. On est dans une responsabilité très forte et chacun.e fait à partir de ses propres connaissances et confiances et chaque positionnement est à respecter pour cela. Il est intéressant cependant de s’interroger sur le bien fondé de ces pratiques et d’en chercher des alternatives quand c’est possible.
On essaye dans ce fichier de traiter certains types de soins ou d’actes médicaux par thèmes, en se demandant comment on peut pratiquer (ou éviter dans certains cas) ces actes dans un souci de bienveillance maximale envers l’enfant, en prenant en compte les priorités de santé. Des liens vers des articles sérieux vous seront parfois proposés au fil des thèmes.

Décalotter ou pas ?

Article spécifique : Faut-il décalotter bébé ?

“Pour certains parents, le décalottage serait nécessaire à une bonne hygiène du prépuce. Pour certains professionnels, le décalottage permettrait d’éviter les pathologies du prépuce (phimosis, balanite…). Ces idées perdurent alors qu’elles sont totalement contredites par les études scientifiques.
Un peu de physiologie et quelques chiffres:
A la naissance et chez les nouveau-nés de moins d’un an, la face interne du prépuce adhère au gland (on parle d’adhérences préputiales) et l’ouverture au bout du prépuce est étroite rendant le décalottage impossible. Cette impossibilité de décalotter concerne 96 % des nouveau-nés de moins de 1 an. On parle alors d’un phimosis physiologique qui, au contraire du phimosis pathologique, est tout à fait normal.
Grâce aux manipulations de l’enfant et aux érections spontanées, ces adhérences vont progressivement se libérer et le bout du prépuce s’élargira permettant le décalottage. Même si cela est variable selon les enfants, généralement le prépuce peut être complètement décalotté vers 3, 4 ans chez la majorité des enfants. A l’adolescence, seuls 1 à 3 % des adolescents ne pourront toujours pas décalotter leur pénis*.
Le conseil est donc de laisser faire : les « problèmes » de décalottage se régleront naturellement dans la quasi-totalité des cas.”
SOURCE: http://www.sparadrap.org/Parents/Co…L’association Sparadrap est composée de parents et de professionnels de la santé, présidé par Dr Catherine Devoldère, pédiatre responsable de l’Unité d’hématologie immunologie, oncologie et rhumatologie pédiatriques du CHU d’Amiens.
Mini-cours en vidéo par sage-femme sur le pénis du bébé et le décalottage : http://www.magicmaman.com/,video-le…
– TOUCHE PAS À MON ZIZI ! Décalottage : un geste à éviter http://www.grandirautrement.com/fr/…

Sécrétions émanant des organes sexuels du bébé (essentiellement chez le garçon)

Dépôt blanchâtre autour du sexe? C’est le smegma (phénomène physiologique pas toujours très connu qui peut être confondu à tort avec une infection). Voir lien ci-dessous pour en apprendre plus et en parler avec votre médecin si vous le souhaitez (article validé par des Dr) : A lire : http://www.droitaucorps.com/decalot… extrait: “En conclusion, sur une verge d’enfant, il ne faut rien faire, rien. Quel que soit l’âge. Propos recueillis par le Dr Daniel DELANOË “

Conclusion: En plus de faire souffrir l’enfant inutilement, on peut créer des soucis de lésions du prépuce et on peut le traumatiser (physiologiquement et psychologiquement). La nature est bien faite, laissez-la faire: inutile de décalotter.

NB: Le sujet du décalottage traité ici concerne les bébés en bonne santé. En cas de pathologie (infection, rougeurs/couleurs anormales, œdème, etc) ou de doute, consulter un médecin.

Suppositoire or not suppositoire ? (et actes sur région annale de bébé (T°) )

Nous souhaitons revenir sur la question des suppositoires, et plus largement des traitements médicaux invasifs à « violents ». Comme précisé en intro de ce fichier, ce ne sont pas des « veo » car il n’y a rien d’éducatif dans le suppositoire ou la prise de température de toute façon. Cela reste néanmoins un acte intrusif et nous pensons que c’est surtout ça dont il faut prendre conscience si on n’y avait jamais pensé.

Ce qu’il convient selon nous, c’est de garder ce type de médicament qu’en cas de besoin important, en cas d’urgence, si aucune autres alternatives plus respectueuses ne sont possibles.

Paroles de médecins / pédiatres :
– Dans le cadre de conseils en cas de fièvre du nourrisson/bébé: “Le médicament le plus fréquemment utilisé est le paracétamol (Efferalgan®, Doliprane®). Chez le nourrisson, sa présentation en suspension buvable permet de donner à chaque prise la dose adaptée au poids actuel de l’enfant (cuillère doseuse graduée ou pipette). Éviter si possible les suppositoires dont le rejet est fréquent et l’absorption inconstante.“ Source: http://www.medecins-a-domicile-94.fr/…
– Recommandations données dans le cadre d’une constipation du nourrisson/bébé (extrait des mesures “générales” à mettre en place) : l’arrêt de toute manœuvre locale intempestive telle que l’introduction répétée d’un thermomètre (source de douleur, de fissure ou d’ulcération du canal anal) ou l’utilisation de suppositoire comme mode d’administration de médicaments “ Source: http://www.pediatre-online.fr/alime…
Conclusion : Il est évident qu’en tant que parent d’un enfant malade, on souhaite faire au mieux ; et on a tou.te.s conscience que les parents qui mettent des suppositoires le font pour soigner leur enfant. Il n’empêche qu’il est intéressant de s’interroger sur le bien fondé de ces pratiques. Et d’en chercher des alternatives quand c’est possible. Il y a beaucoup d’affects en jeu quand on touche à la santé de nos enfants. On est dans une responsabilité très forte et chacun.e fait à partir de ses propres connaissances et confiances ; et chaque positionnement est à respecter pour cela. Bien sur, pour un enfant qui préfèrera le suppositoire à la forme oral, nous serons tenus de suivre son choix.

Vaccins

en cours de construction. suggestion de textes et de liens sérieux, scientifiques et objectifs, qu’ils soient “pour ou contre ou entre les 2” sont les bienvenus.