Dis, Maman, c’est quoi un « enfant »?

Un peu d’étymologie…Dans ce monde de brutes…

Les mots que nous utilisons chaque jour sont des « porteurs de sens » dont bien souvent le sens nous échappe, justement. Dans le cas de l’enfant, dont il est question ici et dont il sera question tout au long de la rédaction des articles qui composeront ce blog, je pense qu’il est essentiel de refaire un saut vers les origines. Parce que c’est bien en traversant les âges que nous pouvons percevoir toute l’imprégnation d’un terme sur les sujets qu’il est amené à désigner.

Parce que oui, en fait, c’est quoi un « enfant » ?

Ou en tout cas, d’où vient ce mot ? Comment tout cela se construit et qu’est ce que cela implique ?

L’enfance désigne au sens propre « la période de la vie humaine, de la naissance à l’adolescence. »[1]  

Au sens figuré, il s’agit du « moment initial ou fondateur, qui est à l’origine de… (l’enfance de l’humanité) »[2]

Parallèlement, je me suis rendu compte au cours de mes recherches que bon nombre d’expressions de la langue française comportant le mot « enfant », sont à visée plutôt (voire carrément) péjorative. Ainsi, « Ne fais pas l’enfant ! », « Cesse tes enfantillages ! », « Retomber en enfance »,… sont autant de proverbes et d’expressions signifiants chez l’adulte, un certain degré d’immaturité, de puérilité, de naïveté.

Le mot « enfantillage » comporte d’ailleurs parmi ses synonymes :

« futilité, frivolité, niaiserie, bêtise, baliverne, caprice ( !!!), sottise, naïveté, gaminerie, simagrée… » [3]

J’en passe et des bien pires…

Aussi, je trouve pertinent de rappeler que l’on parle de « familles de mots » pour désigner les termes partageant la même racine. D’ailleurs, voyons ce que nous dit l’étymologie du mot « enfant » :

 « Enfant nous vient du bas latin ‘’infans’’ pour ‘’non fans’’. Du latin ‘’in farer’’, celui ‘’qui ne parle pas’’, issu du verbe grec ‘’femi’’, celui ‘’qui ne sait manifester sa pensée par la parole’’ […] Plus tard, cet ‘’infans’’ sera un individu et deviendra une personne lorsqu’il franchira les étapes de l’instruction puis de l’étude…Il deviendra donc en latin, un ‘’puer’’[4]

Pour DOEDERLEIN au 19ème siècle, ‘’infans’’ est considéré comme étant le premier stade du ‘’puer’’ qui englobe la personne, de sa naissance à son âge adulte. Dans le même temps l’auteur indique que ce qui  fixe l’entrée dans l’âge adulte est la capacité de procréation d’un individu. L’enfant est donc défini par son absence de capacités (de parole, d’expression de la pensée, puis de procréation…).

Un enfant serait-il donc « celui qui n’est pas encore » ?

 « Cet enfant, le ‘’puer’’ latin vient du verbe latin ‘’parere’’ comme l’indique DODERLEIN. Ce verbe, ‘’parere’’ possède le sens d’enfanter, accoucher, mettre bas, engendrer. Ce verbe ‘’parere’’ donne en latin le mot ‘’parens’’ désignant le père ou la mère, les grands-pères, l’aïeul, les parents, les proches. »[5]

Ainsi, « parent » et « enfant » définissent chacun un stade du cycle de la vie de l’individu tout en étant des termes liés à la même racine (encore une analogie avec la famille et son fameux ARBRE généalogique ;-)).

Et si tous les individus ne deviendront pas des « parents », ils ont tous pour autant, été des « enfants ». Cette dimension temporelle évoquant différents stades de la vie d’un seul et même individu tend à nous amener progressivement vers cette vision humainement égalitaire. Un adulte étant un « ancien enfant » et un enfant étant de ce fait un « futur adulte ».

Somme toute, malgré les évolutions de ces dernières décennies concernant la connaissance et la compréhension du « monde de l’enfance », difficile de ne pas évoquer le « poids des mots », qui peut, parfois être lourd à porter. Et si l’on prend du temps « pour s’y faire », l’on en prendra tout autant pour « s’en défaire ».

Ainsi, ces quelques minutes d’étymologie laissent entrevoir l’implication du terme, du mot à proprement parler, dans la place que nous réservons à nos « petits êtres » dans la société:

Bah oui, finalement, à quoi bon écouter « celui qui ne parle pas » ?

C’est cette place, toute singulière, qui fera l’objet d’un article à venir, dont vous trouverez le lien ici même : ………

Aude

[1] Larousse

[2] Idem

[3] Synonymo, Dictionnaire des synonymes en ligne, source Internet.

[4] https://sites.google.com/site/etymologielatingrec/home/e/enfant

[5] Louis DOEDERLEIN, Manuel de synonymie latine, Édition française (publiée avec l’autorisation spéciale de l’auteur par Th. Leclaire), Paris, 1873

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Violences médicales

Ce fichier est là à titre indicatif et ne remplace en aucun cas les conseils de professionnels de la santé et une consultation médicale.

Sommaire :

  • INTRO
  • Décalotter ou pas ? (et sécrétions des organes sexuels du bébé)
  • Suppositoire or not suppositoire ? (et actes sur la région annale de bébé)
  • Vaccins

Introduction:

Les questions d’ordre médical et de santé reviennent régulièrement sur ce groupe. Nous avons donc crée ce fichier de référence qui vous aidera à connaitre la vision du groupe sur ces sujets. La question des soins est particulière car ce ne sont pas des « VEO »: il n’y a rien d’éducatif dans un soin médical. C’est un fait, de nombreux gestes médicaux sont intrusifs, désagréables, parfois carrément violents. On aurait ainsi tendance à vouloir les classer dans les « douces violences ». Il y a beaucoup d’affects en jeu quand on touche à la santé de nos enfants. On est dans une responsabilité très forte et chacun.e fait à partir de ses propres connaissances et confiances et chaque positionnement est à respecter pour cela. Il est intéressant cependant de s’interroger sur le bien fondé de ces pratiques et d’en chercher des alternatives quand c’est possible.
On essaye dans ce fichier de traiter certains types de soins ou d’actes médicaux par thèmes, en se demandant comment on peut pratiquer (ou éviter dans certains cas) ces actes dans un souci de bienveillance maximale envers l’enfant, en prenant en compte les priorités de santé. Des liens vers des articles sérieux vous seront parfois proposés au fil des thèmes.

Décalotter ou pas ?

Article spécifique : Faut-il décalotter bébé ?

“Pour certains parents, le décalottage serait nécessaire à une bonne hygiène du prépuce. Pour certains professionnels, le décalottage permettrait d’éviter les pathologies du prépuce (phimosis, balanite…). Ces idées perdurent alors qu’elles sont totalement contredites par les études scientifiques.
Un peu de physiologie et quelques chiffres:
A la naissance et chez les nouveau-nés de moins d’un an, la face interne du prépuce adhère au gland (on parle d’adhérences préputiales) et l’ouverture au bout du prépuce est étroite rendant le décalottage impossible. Cette impossibilité de décalotter concerne 96 % des nouveau-nés de moins de 1 an. On parle alors d’un phimosis physiologique qui, au contraire du phimosis pathologique, est tout à fait normal.
Grâce aux manipulations de l’enfant et aux érections spontanées, ces adhérences vont progressivement se libérer et le bout du prépuce s’élargira permettant le décalottage. Même si cela est variable selon les enfants, généralement le prépuce peut être complètement décalotté vers 3, 4 ans chez la majorité des enfants. A l’adolescence, seuls 1 à 3 % des adolescents ne pourront toujours pas décalotter leur pénis*.
Le conseil est donc de laisser faire : les « problèmes » de décalottage se régleront naturellement dans la quasi-totalité des cas.”
SOURCE: http://www.sparadrap.org/Parents/Co…L’association Sparadrap est composée de parents et de professionnels de la santé, présidé par Dr Catherine Devoldère, pédiatre responsable de l’Unité d’hématologie immunologie, oncologie et rhumatologie pédiatriques du CHU d’Amiens.
Mini-cours en vidéo par sage-femme sur le pénis du bébé et le décalottage : http://www.magicmaman.com/,video-le…
– TOUCHE PAS À MON ZIZI ! Décalottage : un geste à éviter http://www.grandirautrement.com/fr/…

Sécrétions émanant des organes sexuels du bébé (essentiellement chez le garçon)

Dépôt blanchâtre autour du sexe? C’est le smegma (phénomène physiologique pas toujours très connu qui peut être confondu à tort avec une infection). Voir lien ci-dessous pour en apprendre plus et en parler avec votre médecin si vous le souhaitez (article validé par des Dr) : A lire : http://www.droitaucorps.com/decalot… extrait: “En conclusion, sur une verge d’enfant, il ne faut rien faire, rien. Quel que soit l’âge. Propos recueillis par le Dr Daniel DELANOË “

Conclusion: En plus de faire souffrir l’enfant inutilement, on peut créer des soucis de lésions du prépuce et on peut le traumatiser (physiologiquement et psychologiquement). La nature est bien faite, laissez-la faire: inutile de décalotter.

NB: Le sujet du décalottage traité ici concerne les bébés en bonne santé. En cas de pathologie (infection, rougeurs/couleurs anormales, œdème, etc) ou de doute, consulter un médecin.

Suppositoire or not suppositoire ? (et actes sur région annale de bébé (T°) )

Nous souhaitons revenir sur la question des suppositoires, et plus largement des traitements médicaux invasifs à « violents ». Comme précisé en intro de ce fichier, ce ne sont pas des « veo » car il n’y a rien d’éducatif dans le suppositoire ou la prise de température de toute façon. Cela reste néanmoins un acte intrusif et nous pensons que c’est surtout ça dont il faut prendre conscience si on n’y avait jamais pensé.

Ce qu’il convient selon nous, c’est de garder ce type de médicament qu’en cas de besoin important, en cas d’urgence, si aucune autres alternatives plus respectueuses ne sont possibles.

Paroles de médecins / pédiatres :
– Dans le cadre de conseils en cas de fièvre du nourrisson/bébé: “Le médicament le plus fréquemment utilisé est le paracétamol (Efferalgan®, Doliprane®). Chez le nourrisson, sa présentation en suspension buvable permet de donner à chaque prise la dose adaptée au poids actuel de l’enfant (cuillère doseuse graduée ou pipette). Éviter si possible les suppositoires dont le rejet est fréquent et l’absorption inconstante.“ Source: http://www.medecins-a-domicile-94.fr/…
– Recommandations données dans le cadre d’une constipation du nourrisson/bébé (extrait des mesures “générales” à mettre en place) : l’arrêt de toute manœuvre locale intempestive telle que l’introduction répétée d’un thermomètre (source de douleur, de fissure ou d’ulcération du canal anal) ou l’utilisation de suppositoire comme mode d’administration de médicaments “ Source: http://www.pediatre-online.fr/alime…
Conclusion : Il est évident qu’en tant que parent d’un enfant malade, on souhaite faire au mieux ; et on a tou.te.s conscience que les parents qui mettent des suppositoires le font pour soigner leur enfant. Il n’empêche qu’il est intéressant de s’interroger sur le bien fondé de ces pratiques. Et d’en chercher des alternatives quand c’est possible. Il y a beaucoup d’affects en jeu quand on touche à la santé de nos enfants. On est dans une responsabilité très forte et chacun.e fait à partir de ses propres connaissances et confiances ; et chaque positionnement est à respecter pour cela. Bien sur, pour un enfant qui préfèrera le suppositoire à la forme oral, nous serons tenus de suivre son choix.

Vaccins

en cours de construction. suggestion de textes et de liens sérieux, scientifiques et objectifs, qu’ils soient “pour ou contre ou entre les 2” sont les bienvenus.