C’est la crise ! Mon enfant crie et frappe …

Je fais suite au précèdent article sur les réprimandes où je livrais mon témoignage sur les « crises » de mon fils. Ayant eu pas mal de retours et d’échanges à ce sujet qui est une préoccupation de beaucoup de parents et adultes en charge, je tenais à proposer une approche plus générale sur la « crise » que nous partageons au sein de l’équipe Enfances Épanouies, une vraie réflexion de groupe, tout en faisant un retour plus personnel, avec un partage de notre vécu, à mon fils et moi.

 

Pour commencer et pour rassurer beaucoup d’entre nous : il faut savoir qu’adopter un comportement non convenable socialement comme crier, frapper où se rouler par terre pour exprimer une émotion forte telle que la colère est « normal » jusque 5/6 ans. L’enfant n’a pas la maturité cérébrale de faire autrement (1). Mais cela n’empêche pas de l’aider à faire autrement, en attendant que son cerveau mature, d’autant que c’est important pour l’adulte qui ne peut pas accepter ce comportement d’avoir des leviers et de se sentir acteur sans subir.

 

Avant donc d’expliquer quel rôle peut jouer l’adulte pour aider l’enfant dans la tempête, je voudrais apporter une précision sur cette maturité cérébrale.

Souvent, en échangeant sur ce sujet, les parents rétorquent: « oui, mais mon enfant est en avance, il comprend plein de choses» sous-entendu, il devrait donc être capable de « gérer ses émotions » d’une façon plus socialement convenable …

Non : même si l’enfant démontre d’incroyables capacités cognitives (emploie le subjonctif à 2 ans, joue aux échecs à 3,5 ans, parle 5 langues,…), sa capacité à «gérer» ses émotions, c’est-à-dire à les exprimer d’une façon qui ne blesse personne et qui est acceptable socialement, n’est pas une capacité pour laquelle il y a ce genre «d’avance». En effet, cela nécessite des connexions neuronales qui commencent à se mettre en place à partir de 5/6 ans. Physiologiquement, il ne peut y avoir donc de «précocité» à ce sujet comme il n’y a pas de bébé qui marche à 6 mois.

Bien sûr, la condition que cette maturité puisse se faire est que l’enfant grandisse dans un environnement sécurisant et respectueux jusque cet âge. Car, s’il n’y a pas de précocité constatée en la matière, à l’inverse, le retard de développement est possible. Il est d’ailleurs très courant : il suffit de regarder autour de soi le nombre d’adultes incapables d’exprimer leurs émotions sans crier sur quelqu’un, voire, frapper …

 

Autre point qu’il est important de préciser : il est fréquent que l’enfant n’aie ce genre de comportement qu’à la maison. Souvent, on nous interroge sur le fait que l’enfant est capable de s’abstenir puisqu’il le fait bien chez la nounou, en collectivité (crèche ou école), chez les grands-parents voire avec l’autre parent.

Pourtant, avec nous il «explose». Pour comprendre ce qui est en jeu, il faut se plonger dans la théorie de l’attachement. La figure d’attachement de l’enfant, est un réceptacle, l’enfant décharge avec elle les tensions accumulées. L’enfant se retient avec les autres par réflexe de survie. Inhibé par la peur de la façon dont il pourrait être accueilli. En crise, notre enfant nous marque sa confiance à l’aider dans ce qu’il traverse de difficile.

 

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Maintenant que le principe de « normalité » sur le comportement de l’enfant est posé, il y a quand même des aspects qui nous font ressentir que « non là quand même ce n’est pas normal » : l’intensité de la crise et la fréquence.

 

Un moment on sent donc que c’est trop : trop intense ou trop fréquent ou les deux…

Si toutes les pistes physiologiques ont été écartées (allergies, troubles physiques ou neuro), alors il convient de se pencher sur l’environnement dans lequel l’enfant évolue, notamment du fait de l’attitude des adultes.

 

Pour ce qui est de la seule intensité elle peut dépendre du tempérament.

 

Mais cela peut être comme pour la fréquence d’ailleurs, un signal d’alarme que quelque chose ne va pas dans la relation : il faut garder à l’esprit que l’enfant a toujours une bonne raison de faire ce qu’il fait.

On ne peut donc pas s’arrêter sur le seul principe « son cerveau est immature c’est normal » et donc continuons comme on fait et ça passera…

 

Alors quoi faire ? Comment faire en sorte qu’il y ai moins de crises, moins intenses? Et si malgré tout elles se produisent comment les gérer?

 

1/ Éviter les crises

 

Ça parait simpliste comme idée (laxiste pour certains) mais s’il est normal pour l’enfant de ressentir de la colère et d’être submergé, par elle en l’exprimant d’une façon violente, il est moins normal de ressentir souvent cette colère et d’une façon trop intense, trop régulièrement. Le cortisol que secrète le corps dans le processus met beaucoup de temps à être évacué par le corps et a des effets sur le cerveau : 5 minutes de cortisol c’est 5h dans le corps (2)

Il convient alors de bien analyser la situation et voir ce qui plonge l’enfant dans ces états pour anticiper et éviter la crise…

Ce qui revient souvent quand on interroge les adultes sur ce qui a provoqué la crise : « quand on lui dit non » « quand on lui demande de faire telle chose ». Il s’agirait donc des deux grandes catégories de déclencheurs de la crise : le refus de l’adulte, et les demandes de l’adulte.

 

Donc penchons-nous sur chacune d’elles.

 

1.1/ Le refus : est-il toujours légitime ? 

 

Isabelle Filliozat, dans « Au coeur des émotions de l’enfant » a écrit un chapitre consacré à « pourquoi je dis non ». On comprend à la lecture de son analyse que 99% des « non » ne sont pas légitimes, reposant sur des peurs et croyances infondées, que donc les adultes devraient faire un effort en disant plus « oui » que « non » (pour vous aider on prépare un article sur le sujet). Cela nécessite de s’informer sur la question qui nous amène à nous positionner (l’alimentation, l’hygiène, les écrans etc) et à lâcher prise.

 

L’une des croyances qu’il faut aussi cesser d’avoir est celle de la « bonne frustration », du « bon refoulement » qui nous vient d’une psychanalyse préhistorique. Comme s’il y avait une utilité à la frustration, qu’elle serait nécessaire et que donc il fallait qu’on entraine notre enfant à l’éprouver. Beaucoup ont une vision très restreinte et pessimiste de la vie, je dirais même aigrie, et tiennent le fameux discours de « dans la vie on n’a pas toujours ce qu’on veut ».

Je ne partage pas cette vision des choses, pour moi dans la vie on peut avoir ce qu’on veut et je préfère que mes enfants gardent leurs convictions et leur force d’exprimer leur volonté, plutôt qu’ils ne s’éteignent et se résignent.

 

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Source : Ailes et Graines

 

1.2/ Les demandes de l’adulte : sont elles toujours réalistes ? 

 

Quand on formule une demande à quelqu’un et que la personne nous répond par la négative, on se montre plus compréhensif du refus quand notre interlocuteur est un adulte qui nous donne souvent une raison pour son refus. Un enfant n’a pas cette capacité en tout cas avant au moins 5/6 ans, voir au delà, et du coup notre posture non compréhensive (non empathique) nous amène rapidement à un sentiment de colère (tiens une frustration de l’adulte face au « non » de l’enfant ? 😉  ) et donc au rapport de force pour obtenir satisfaction. La demande devient alors une exigence avec la violence qui en découle. La réponse de l’enfant par une crise est juste une conséquence de notre propre posture …

Là encore, c’est à l’adulte de se remettre en question. Effectivement, ne cherchez pas dans nos articles des recettes pour faire plier l’enfant à votre bon vouloir ou des « astuces », nous avons à cœur de rendre à l’adulte sa responsabilité et restaurer la considération à l’égard de l’enfant.

 

Car il s’agit bien de la responsabilité de l’adulte lorsqu’il formule une demande, de s’assurer que sa demande est réaliste et réalisable par l’enfant. Si ce n’est pas le cas, cela place l’enfant en échec, et même si l’adulte n’est pas insistant ou dans le rapport de force, ce sentiment d’échec peut aussi amener à un flot d’émotions pouvant aboutir à la crise.

Une demande réaliste est donc une demande qui tient compte des capacités de l’enfant. Ces capacités sont dépendantes de son stade de développement, mais aussi de son état, à l’instant où la demande est formulée. Il se peut que dans l’absolu un enfant soit en capacité physique et cognitive de répondre, par exemple, à une invitation à ramasser un objet qu’il vient de jeter, mais s’il l’a fait en étant pris par une émotion comme la colère, alors il sera en incapacité momentanée, et la demande de l’adulte est irréaliste.

Chez nous, les situations qui m’ont amenée à avoir cette démarche de m’interroger sur la légitimité de ma demande : le brossage des dents et le lavage des cheveux (entre autres).

Quand mon fils a commencé à refuser ces deux choses avec virulence, je me suis renseignée sur l’efficacité du brossage et son poids dans la santé des dents et la nécessité du lavage des cheveux. Mes recherches m’ont amenée à la conclusion que l’alimentation était plus importante et qu’on pouvait vivre sans shampoing. La famille est donc passée au no poo et le brossage se faisait avec régularité quand l’alimentation était déséquilibrée.

 

J’aurais pu rester dans mes croyances et mon ignorance et évidemment rentrer dans un bras de fer pour faire plier mon fils à ma vision des choses, mais ce n’est vraiment pas mon ambition pour mes enfants que de les rendre obéissants, sans compter le fait que le mal être ressenti par la soumission ressort inéluctablement dans la relation (par d’autres conflits ou bien chez l’enfant par divers troubles). J’ai donc décidé de ne pas être dans le rapport de force (ni physique ni psychologique avec les manipulations etc) et de me renseigner sur mes postures à chaque fois, j’interroge ma légitimité de demander telle chose à mon fils.

 

J’ai donc pu constater naturellement que la fréquence des crises a diminué avec le lâcher prise et un changement de posture de ma part.

 

Le lâcher prise et la remise en question des légitimités de nos demandes et attentes comme parent sont un travail de fond qu’on devrait tous faire car cela nous permet de voir les enfants avec d’autres lunettes.

 

Mais c’est un travail qui peut prendre du temps et parfois on a l’impression de bien faire (on dit souvent oui, on lâche prise, on a des demandes réalistes) mais pourtant on passe à côté du problème alors pour ça j’ai un joker : la posture soutenante et compréhensive.

 

On a le droit de ne pas comprendre ce qui se passe , de se sentir soit même dépassé mais pour notre enfant dans la tempête on représente une bouée ou un phare alors il faut lui rappeler, à froid quand il peut l’entendre,

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qu’on est là pour lui et qu’on sera toujours là malgré la difficulté qu’il traverse et qu’on l’aime « 

« Ok j’ai vu/compris qu’en ce moment ça va pas, que tu as du mal, que c’est difficile pour toi. Je ne comprends pas trop à cause de quoi, j’aimerais t’aider de tout cœur, je suis toujours de ton côté, je t’aime et je vais tout faire pour trouver des solutions « 

 

Cette discutions à froid rassure l’enfant sur notre position, notre amour inconditionnel. Il faut que ce soit sincère, qu’on aie vraiment envie de chercher quoi améliorer au quotidien.

 

 

 

2/ S’équiper pour la tempête : le discours soutenant et les outils

 

Effectivement malgré nos efforts, on ne peut toujours éviter les tempêtes alors mieux vaut s’y préparer!

 

La préparation concerne autant l’adulte que l’enfant et elle est efficace que si initiée à froid. « A froid » cela veut dire bien des heures après la situation de crise (quand on n’est plus en train de tenter d’évacuer du cortisol…) pour s’en souvenir j’aime bien reprendre cette image :

 

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À froid donc, on peut utiliser différents moments pour faire le bilan sur des situations qu’on a trouvées mutuellement difficile, car même si l’enfant souffre de la situation qui le plonge dans un état de « crise » l’adulte est rarement serein dans une telle situation et se trouve parfois aussi désemparé que l’enfant.

 

Chez nous il n’y a pas de moments précis (dans certaines familles on aime débriefer à table ou au moment du coucher par ex comme une forme de routine), nous faisons plutôt au feeling : ça peut être à la fin d’une activité qui nous a pas mal occupés, où on est bien détendus, où il n’y a pas eu d’enjeux de conflits, ou un autre moment calme.

Il faut bien évaluer le désir de l’enfant à en parler et revenir sur le sujet quand il est verbal il peut l’expliquer clairement. Mon fils me dit parfois « j’ai pas envie d’en parler » c’est on ne peut plus clair et je respecte dans ce cas.

 

Quand le dialogue est possible, et le moment propice, je pense qu’il est primordial de réitérer son amour et sa confiance.

 

« Chaque fois que l’adulte rassure, sécurise, console, câline l’enfant en le prenant dans les bras avec une attitude douce, chaleureuse, en prodiguant des gestes tendres, en adoptant un ton de voix calme, apaisant, en ayant un regard compréhensif, il aide l’enfant à faire face à ses émotions et à ses impulsions. Un comportement parental affectueux a un impact positif considérable sur la maturation des lobes frontaux de l’enfant. Il parviendra alors plus rapidement à gérer les émotions envahissantes et les impulsions de son cerveau émotionnel et archaïque. » Dr Catherine Gueguen

 

Pour cela, la première chose est de ne pas relever le comportement inapproprié  (qui a conduit à la crise du fait d’une première réponse inadaptée de l’adulte ou comportement que l’enfant fait pendant la crise). Car relever ce comportement :

 

  • consisterait à lui imprimer dans le cerveau. Si je vous dis ne pensez pas à une girafe, vous allez forcement y penser et pour ne pas y penser vous aller en plus devoir fournir un effort. Plus facile pour un adulte mais qu’en est-il de l’enfant dont le cerveau est en maturation? En plus cela ne vous dit pas quoi penser à la place. Pour un enfant qui plus et submergé par une émotion c’est juste impossible d’entendre et de respecter les interdictions type « ne pas taper » « ne pas crier » etc

 

  • dans la forme cela relève souvent de la réprimande : des blâmes, des reproches, accusations ou du sermonage ce qui, pour rappel, constitue également une violence.

 

Deuxièmement, reconnaître la difficulté de l’enfant et se montrer compréhensif « c’était dur pour toi  » « je sais que c’est encore difficile de contrôler certains gestes » en validant ses émotions et son besoin (des ressources par ici) qu’il a le droit de les ressentir et les exprimer.

 

Troisièmement, lui dire notre confiance à ce qu’il apprenne en grandissant à les exprimer différemment.  À froid, nous serons sincères, notre empathie est plus à l’œuvre. A chaud, on peut soit  même avoir quelques courts circuits dans le cerveau et se surprendre penser « mais p**** de m**** pourquoi il recommence? je lui ai déjà expliqué 100 fois! il/elle ne comprend pas ! »

 

Enfin, l’aider dans cet apprentissage en lui proposant des alternatives (propositions non exhaustives toute proposition à ce sujet est la bienvenue n’hésitez pas à faire vos retours en commentaire sous l’article):

 

« Quand tu sens que la colère monte, que tu es très fâché, énervé etc :

 

– tu peux aller gribouiller sur une feuille (proposition à faire quand on sent la tension venir car après c’est plus difficile voire impossible, c’est efficace chez les enfants plus grands mais ça peut être une bonne habitude à prendre petit)

– tu peux souffler fort

– tu peux battre des bras comme un papillon

– tu peux faire le tigre ou cracher ta colère à la terre

– tu peux aller taper dans un coussin (aide pour réorienter le geste surtout à chaud et non comme un « entraînement »)

– tu peux jeter une balle

– tu peux sauter

 

Pour proposer toutes ces alternatives, ces outils à l’enfant, une autre approche que le discours (complémentaire à mon sens) c’est passer le message par le jeu : avec le jeu de rôle (je fais toi en colère – sans me moquer – trouvant une de ses solutions, toi tu fais moi qui t’aide), avec les figurines ou marionnettes avec des scènettes.

 

Il s’agit donc concrètement de lui donner des pistes de décharge pour l’outiller quand ça bouillonne.

 

 

3/ La décharge

 

Les crises de colère, peu importe leur cause, leur origine, immédiate ou différée, sont effectivement une bonne occasion pour l’enfant de se décharger, se libérer des tensions et paradoxalement créer du contact (car en frappant, souvent ils cherchent aussi du contact).

Leur proposer des opportunités de contact plus régulières permet d’éviter que la crise et les coups soient un prétexte à cela.

Une bonne façon de décharger passe par le jeu (et oui le jeu à de nombreuses vertus dont celle de créer du lien <3).

Il ne s’agit pas de n’importe quel jeux ce sont des jeux de défoulement type chahut où il y a aussi du contact physique. A une période nous avions instauré, avec mon fils, 30 min à 1h de jeux de « foufou » (on les appelait ainsi): il saute sur la couette que je soulève en se roulant dedans vers moi puis je le déroule, on fait des batailles d’oreiller, jeu de « aire bagarre » mimant les combats de ses héros préférés etc.

On prépare un article sur le sujet des jeux de décharge pour donner plus de pistes concrètes sur le sujet.

 

Voilà concernant tout le « travail » à faire à froid, c’est vraiment la que les efforts doivent être investis et si malgré tout ça explose voici quelques pistes de posture à tenir.

 

 

4/ Dans l’œil du cyclone

 

Ne pas faire :

 

Contenir l’enfant : une proposition qui revient souvent dans les « recettes/méthodes » gestion de crise de l’enfant est la contention : nous déconseillons vivement cette méthode qui est violente dans la plupart des cas puisqu’elle induit un rapport de force.

Il faut à l’adulte une grande dose d’apaisement pour que son geste de contention ne soit pas un rapport de force, et je parle d’un apaisement intérieur, car même si en apparence l’adulte a l’air de garder son sang froid, rares sont ceux qui ne sont pas chamboulés voir bouillonnant dans une situation telle que la crise de colère de l’enfant.

 

Lui demander d’arrêter sa crise : s’il pouvait il ne se mettrait pas dans cet état, il est submergé, il a besoin d’aide.

 

Le laisser seul ou l’isoler: l’isolement de l’enfant (mise au coin, mise à l’écart, injonction ou invitation a quitter la pièce ou aller dans sa chambre ) est une veo (3). On peut éventuellement s’extraire AVEC l’enfant lors de la crise, surtout quand elle a lieu en public, pour constituer une bulle avec lui, l’enfant n’est donc pas isolé mais accompagné.

Si vraiment nous-mêmes nous nous retrouvons dans un état de bouillonnement tel que l’on se sent prêt a user de la violence, alors s’isoler soit même après s’être excusé auprès de l’enfant est une option à envisager.

 

Lui demander ce qui le met dans cet état, le questionner : l’enfant est dans un état tel que son cerveau emotionnel est au commande, complètement déconnecté du centre de raisonnement, faire appel à son intellect relève de courts circuits (4) et au mieux l’enfant dira ce que l’adulte attend mais qui ne fait aucun sens, au pire cela intensifiera la crise.

 

Trop parler, faire de longues tirades : l’enfant a besoin de calme pour entendre à ce moment là son cerveau doit utiliser un effort d’adaptation a nos palabres trop grand, il vaut mieux se limiter à l’essentiel.

 

Quoi faire alors ? SAVE : une posture respecteuse 

 

STOPPER : s’il y a lieu les coups qui fusent de la part de l’enfant, maintenir le bras, le pied si nécessaire en les relâchant rapidement (dès que la tension dans le membre de l’enfant redescend) que cela ne soit pas de la contention, que ça ne tourne pas au rapport de force. Employer un ton calme et neutre.

 

« ok tu es en colère tu as le droit, mais je ne peux pas te laisser faire ça »

 

ACCUEILLIR : ce que l’enfant exprime, ou tente d’exprimer par son comportement. Être présent, dans le moment et soutenant. (S’il s’agit d’un conflit entre deux enfant où l’un tape, c’est à cette étape qu’on s’occupe de l’enfant blessé).

 

VALIDER : les sentiments de l’enfant sont légitimes il a le droit de les avoir et de les exprimer, à ce stade il faut les valider sans ressentiment en étant sincère et empathique de son état.

 

ENCOURAGER à faire autrement. Rappeler  les outils qui ont été donnés à froid et  renouveler notre confiance à ce qu’il apprenne à faire autrement

Tout cela doit être fait sur un ton calme et rassurant, le flux de paroles et la proximité avec l’enfant dosées selon les besoins (les debriefs à froid permettent aussi d’évaluer cela).

Il ne s’agit pas là d’une méthode et encore moins à appliquer à la lettre, mais de pistes de postures concrètes : en ce mettant à l’a place de l’enfant quand nous nous retrouvons en difficulté de quoi avons nous le plus besoin ? De quelqu’un qui nous aide, nous épaule, nous soutient, par ses paroles, son attitude.

Nous avons besoin de nous sentir en sécurité et aimé en toutes circonstances.

 

Maja fondatrice de www.leslunettesdemaja.fr pour Enfances Epanouies

 

 

(1) Dr catherine Gueguen,  « Pour une enfance heureuse »

 

(2) et tout le monde s’en fout – les émotions https://m.youtube.com/watch?v=_DakEvdZWLk

 

(3) Aletha Solter

En fait, la National Association for the Education of Young Children (Association Nationale pour l’Éducation des Jeunes Enfants) inclut le recours à la mise à l’écart temporaire dans une liste de mesures disciplinaires nocives, à côté des punitions physiques, des critiques, des reproches et des humiliations. 2

 

(4) Isabelle Filliozat, « Au cœur des émotions de l’enfant »

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